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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Aux jeunes chômeurs : une déclaration du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme

Publié le 19 Mai 2015 par Lien-pads in Algérie: questions sociales

Aux jeunes chômeurs qui n'en peuvent plus de vivre une vie sans perspectives.

Qui veulent être les artisans de l'édification d'une économie nationale indépendante assurant la sécurité du lendemain et le bien-être social à ses masses laborieuses

 

Le chômage, l'emploi partiel et précaire, sont une réalité insupportable de l'Algérie. Elle accable autant les jeunes que les moins jeunes, plus particulièrement dans les zones rurales ou peu industrialisées et les régions sahariennes. Chaque jour qui passe exacerbe encore plus le désespoir des chômeurs face aux solutions de bricolage et aux faux fuyants des pouvoirs publics. L'Etat qui s'est engagé depuis les années 1980 dans la voie capitaliste, progressivement mais sans le dire ouvertement, refuse de relancer l'économie nationale sur la base des potentialités non négligeables du secteur public économique. Par intérêts de classe, il refuse de faire du secteur public le moteur et la colonne vertébrale du développement. Ce secteur a été édifié dans les années 1970. Il occupait une place fondamentale dans la stratégie de développement et de liquidation du chômage dans le cadre de la révolution nationale démocratique destinée à assurer l'indépendance du pays et à répondre aux aspirations sociales des masses populaires. Mais les couches sociales dirigeantes réactionnaires et parasitaires, petites-bourgeoises ou bourgeoises, ont décidé dès le début des années 1980 d'utiliser l'argent du pétrole pour leur propre enrichissement par des voies mafieuses. Elles ont donc donné un coup d'arrêt brutal au développement industriel dont le pays ne s'est jamais plus relevé.

 

Leur plan de pillage s'est ensuite accéléré. Sous la bannière de "réformes économiques" engagées depuis 25 ans, seuls les secteurs parasitaires de l'importation et du commerce se sont épanouis. 

 

La politique au jour le jour de l'Etat est absurde et également dangereuse. Notre pays dispose de ressources: revenus pétroliers et importante base industrielle représentée par le secteur public qui a subsisté malgré les fermetures criminelles et les privatisations. Ces ressources lui auraient permis depuis longtemps de devenir une nation industrielle donnant du travail à tous ses enfants et des perspectives de vie radieuses.

Le niveau élevé du chômage dans le pays et surtout dans les régions du sud - où peu de capitalistes privés nationaux ou étrangers s'aventurent à investir des capitaux qui ne rapportent pas immédiatement des profits - est donc le résultat du choix de la voie capitaliste et de l'abandon de toute planification économique. La dissolution en 1987 du ministère du plan s'est inscrite dans des réformes fondées sur l'illusion que le capitalisme peut régler les problèmes d'investissement et d'emploi.

 

L'impérialisme, ses institutions (FMI, BM, OCDE, UE etc.) ont exigé, soutenu et soutiennent les orientations néfastes pour le pays et sa jeunesse.  Dans l'exécution de ce plan les services subversifs de l'impérialisme s'appuient sur les forces les plus réactionnaires quelles que soient leurs références idéologiques. Elles continuent à accorder une place de choix à celles qui se camouflent sous le drapeau de l'Islam. Ces forces ont été utilisées à fond par les partisans du capitalisme et de l'impérialisme à la fin des années 1980 et dans les années 1990 pour détruire, "au nom de l'Islam", les conquêtes sociales du peuple et imposer, en trompant les jeunes, une rupture définitive avec la page des orientations socialisantes adoptées après l'indépendance. Leurs opérations criminelles d'élimination physique des militants de progrès et des communistes dans les années 1990 ont contribué à neutraliser la seule force politique organisée qui pouvait empêcher l'application des mesures de libéralisation économique. Le résultat de leur "djihad", chacun peut maintenant le constater: le pays et sa jeunesse sont plongés dans l'impasse actuelle, mais les chefs de la prétendue "solution islamique" se sont enrichis en devenant de gros importateurs et de gros commerçants tout comme de nombreux hommes du régime avec lesquels ils ont trouvé un bon et fructueux arrangement.

 

A la suite de la chute des recettes pétrolières, la situation va s'aggraver pour les masses populaires, si elles ne se défendent pas. La bourgeoisie, ses politiciens - dans le pouvoir ou dans l'opposition, dans la presse et les partis, "islamistes", "centristes" ou "modernistes"  - qui défendent le capitalisme, sont en train d'exploiter les conséquences de cette chute pour réclamer de nouvelles mesures contre le peuple et les travailleurs. Le patronat exige de revoir le Code du Travail sous l'angle de la "flexibilité" totale du travail pour que le travailleur soit réduit en esclavage  et que le maintien d'un chômage massif et permanent serve à le terroriser à un degré tel qu'il ne revendique pas ses droits.

 

Le bilan de 30 ans de libéralisation le montre de façon évidente: la politique de promotion du capitalisme s'est avérée stérile et désastreuse pour le pays et ses masses laborieuses.

 

Pour faire taire les revendications des chômeurs, des jeunes en particulier, le gouvernement a lancé des dispositifs qui ne répondent ni à leurs préoccupations, ni aux besoins stratégiques de l'économie nationale. Ces dispositifs se limitent à octroyer des crédits à des jeunes sans aucune expérience, pour la création de micro-entreprises sans lendemain. Pour survivre, pour se procurer des revenus, nombre de jeunes en sont réduits à pratiquer des activités tels que gardiens de bouts de rues, transformés en parkings payants, sur lesquels ils se relayent par groupes entiers. Ces "activités" sont rabaissantes, indignes de leur intelligence et de leurs capacités intellectuelles, de leurs attentes, de l'épanouissement de leur personnalité.

 

Le résultat de ces orientations de classe est de plonger chaque jour davantage les jeunes dans le désespoir. Des jeunes s'immolent. D'autres cherchent à se sortir de cette impasse en exprimant leurs revendications légitimes par des manifestations sur la voie publique ou en bloquant l'accès aux sièges des mairies, daïras, wilayas. Ils se heurtent aux services de police et font l'objet d'arrestations. Cependant la majorité des jeunes ne participe pas à ces manifestations. Ils ont peur que leurs revendications soient exploitées à d'autres fins par des associations nationales et des organisations internationales étrangères, engagées ensemble dans le prétendu "printemps arabe". Un plan funeste qu'ils n'ont pas encore réussi à exécuter en Algérie. 

 

La prise de conscience des jeunes, leur état d'esprit, les luttes qu'ils mènent sans trêve depuis des années inquiètent le pouvoir. Celui-ci est incapable, en raison de ses choix de classe, de s’appuyer sur leur élan patriotique pour relancer l'économie en faisant fructifier les bases existantes. Ses "solutions" consistent à punir ceux qui expriment leur désarroi et leur mécontentement. Pour les discréditer, il met dans le même sac ceux qui expriment leur mécontentement légitime, au nord comme au sud du pays, et ceux qui, en liaison avec des réseaux affiliés à l'Union européenne ou aux USA, manipulent incontestablement les aspirations légitimes des jeunes.

 

 

Le PADS, parti des communistes algériens :

 

- Réaffirme sa condamnation des procès fait aux chômeurs, des peines de prison qui leur sont infligées, celles que le tribunal de Laghouat a récemment prononcées à l'encontre de 8 d'entre eux. Il exige leur libération immédiate et la fin de toutes les poursuites judiciaires engagées contre eux. Il appelle les jeunes à faire cependant preuve de vigilance pour ne pas tomber dans les bras des organisations de l'impérialisme américain et européen. Ces organisations versent des larmes de crocodile. Elles feignent de pleurer sur le sort des chômeurs emprisonnés alors que leur but est de placer l'Algérie sous la domination totale de leurs parrains impérialistes et de s'emparer des richesses du Sahara en encourageant les troubles qui leur donneraient l'occasion d'aller plus loin dans leur entreprise de division. Elles exploitent à cette fin le mécontentement créé par les inégalités, la paupérisation et le désespoir engendrés par le capitalisme dans lequel la bourgeoisie locale, les multinationales et les Etats impérialistes enfoncent les masses populaires algériennes. 

 

- Invite les jeunes et les travailleurs à ne faire aucune confiance dans les organisations créées, soutenues, financées et conseillées par l'Union européenne, et dans aucune autre organisation dépendant des services subversifs et interventionnistes de l'impérialisme US dont la filiation à la CIA et à ses autres services, sous le chapeau de l'USAID, est un fait démontré de par le monde: MEPI, NED, National Democratic Institute,Reporters sans frontières, REMDH, Freedom House, FIDH, etc. Comme le disait le Commandant Ernesto Che Guevara: “on ne peut jamais faire confiance à l’impérialisme. En aucune façon. Rien !  Pas un iota ! »

 

 

- Déclare que:

 

•    l'Union européenne n'est pas une entité amie des travailleurs et du peuple algériens. C'est un bloc impérialiste qui impose des mesures visant uniquement à enrichir les grandes entreprises monopolistes multinationales par la surexploitation des travailleurs et au détriment des intérêts généraux du pays. Ses méfaits dans le monde le montrent clairement: Libye, Syrie, Ukraine, Yougoslavie, etc.

 

•    L'UE pratique le double langage et une politique hypocrite vis-à-vis de l'Algérie. Elle prétend se soucier du respect de la démocratie en Algérie mais elle n'a eu aucun scrupule à signer l'accord d'association avec un pouvoir anti-démocratique. Sous ses phrases sur le respect des "droits de l'homme" elle maintient en permanence le pouvoir sous pression dans l'unique but de le contraindre à accorder sans cesse de nouveaux avantages aux multinationales dans leur course aux surprofits. Cet accord étouffe l'économie nationale en favorisant l'importation. Il renforce la dépendance du pays, entretient un chômage massif qui permet aux capitalistes et à tous les affairistes de disposer d'une main-d'œuvre servile, abondante et à bon marché.

Et grâce à cet accord l'UE a de plus obtenu la reconnaissance par le pouvoir d'un droit de s'ingérer dans les problèmes internes du pays. 

    

•    L’UE tout comme tous les autres Etats impérialistes et leurs organismes de domination portent la responsabilité de la politique criminelle qui conduit au drame quotidien des innombrables citoyens algériens ou d’autres pays qui finissent noyés dans le cimetière de la Méditerranée. 

 

•    Les politiciens de l'UE sont dans la pure hypocrisie quand ils prétendent qu'ils soutiennent le droit des chômeurs à manifester pour l'emploi sans craindre d'être réprimés alors qu'ils interdisent aux Etats de s'attaquer à la source du chômage, de caractériser ses causes par leur nom : le capitalisme et l'abandon de toute politique de développement national. Il faut lancer une politique qui garantit le travail pour tous et non se lamenter hypocritement pour que les chômeurs aient le droit de manifester pour le travail!

 

La solution véritable qui éradique le chômage réside dans un changement radical de politique et de régime

 

Le PADS appelle les jeunes à se battre pour une politique économique planifiée et basée sur le renforcement du secteur public industriel et agricole pour résorber le chômage, promouvoir un développement intégré de tout le territoire national, désenclaver les zones isolées où seul l'Etat peut s'engager dans des investissements lourds et à long terme. Il encourage et soutient leurs luttes pour des emplois dignes, durables, basés sur la qualification professionnelle avec l'ouverture de centres de formation qui répondent  aux besoins de l'industrialisation, de la modernisation de l'agriculture, la réhabilitation et le renforcement des écoles et instituts d'enseignement technique et polytechniques, la promotion des laboratoires technologiques axés sur la réalisation des impératifs de la substitution de la production nationale aux importations, notamment dans le secteur de production des machines et des équipements, etc.

 

Mais l'alternative radicale est l'instauration d'un régime économique et social basé sur la propriété sociale des moyens de production et la planification. Seul un tel régime est capable de relancer durablement le développement et de supprimer les causes du chômage, des inégalités sociales et de la misère. 

Un régime révolutionnaire sera capable de tenir tête à l'impérialisme, de défendre le choix d'une voie économique hors des recettes capitalistes imposées aux peuples par l'alliance des multinationales, des affairistes mafieux et des exploiteurs.

 

Il les appelle à inscrire leurs luttes dans le grand combat pour l’instauration de la société socialiste, une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, des inégalités et du chômage, une société qui a pour but de satisfaire les besoins à une vie digne des créateurs de richesses.

 

 

PADS – Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme

 

18 mai 2015