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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Face à la crise vers laquelle la bourgeoisie mène le pays la classe ouvrière doit défendre ses droits sociaux et son pouvoir d'achat

Publié le 18 Octobre 2016 par Lien-pads in LE LIEN

 

Les mesures prises par le régime ou qu'il prépare face aux conséquences prévisibles de la chute des recettes d'exportation du pétrole inquiètent au plus haut point les masses populaires. Elles craignent de devoir supporter dans un très proche avenir une situation encore plus dramatique que celle qu'elles avaient endurées après la chute du prix du pétrole de 1985. La crise qui avait éclaté à cette époque avait été provoquée par la politique antinationale des partisans du capitalisme. Ils avaient sciemment gaspillé l'argent du pétrole pour créer une situation favorable à la réalisation de leur plan. Leur but était et demeure toujours le même : plonger et maintenir les masses dans une extrême paupérisation pour les amener à se résigner au diktat des nouveaux riches, mettre la main sur les morceaux les plus juteux du patrimoine public, enrichir une petite minorité sur le dos de centaines de milliers de travailleurs jetés à la rue. Ils ont prospéré en pleine violence terroriste déclenchée par les nervis de la bourgeoisie sous le drapeau de l'Islam. Ils se sont engraissés sur les corps de milliers d'entre eux que la fermeture de leurs usines avait poussés au suicide, un acte de désespoir alors inconnu dans la société algérienne.

 

 

 Le gouvernement prépare de mauvais jours aux travailleurs 

 

Dire que le régime fait actuellement preuve d' "immobilisme" face à la dégradation de la situation financière du pays, c'est proférer un gros mensonge. C'est ce que prétendent ses opposants de droite qui font de la surenchère dans une course à qui satisfera le mieux les appétits des capitalistes nationaux ou étrangers.

 

En fait, le pouvoir applique avec constance une politique machiavélique. Il agit et exploite les angoisses amplifiées par ses propagandistes. Presse gouvernementale ou privée, multitude d'experts des deux rives de la méditerranée, répètent tous en chœur le même chant funèbre qui devrait "convaincre" les travailleurs et les classes populaires de l'inévitabilité de l'austérité, de l'idée qu'ils devront en payer le prix pour que le pays échappe à la banqueroute. C'est la compétition dans l'alarmisme, la mise en condition des masses populaires.  C'est à qui se montre le plus bavard pour répéter les mêmes incantations sur la nécessité de mettre en œuvre leurs recettes bourgeoises pour soi-disant engager l'appareil économique dans un processus de rupture avec la dépendance par rapport aux recettes pétrolières qui représentent 98% des recettes d'exportation.

Pratiquement tous ces conseillers se rejoignent sur les mêmes thérapies: supprimer la subvention des prix des produits de base, faire payer les soins de santé - comme si elle était toujours gratuite - en finir avec le "populisme", baisser les impôts sur les sociétés, distribuer hors de toute entrave bureaucratique les terrains pour "faciliter l'investissement", donner encore et encore des crédits au secteur privé sans aucune obligation préalable même pas celle d'investir dans des secteurs productifs décisifs pour l'avenir, liquider le secteur public ou ce qui en subsiste, etc. Ce concours de l'attaque la plus rude contre les travailleurs, du choc  le plus efficace pour en finir avec les idées "dépassées" apporte un soutien de taille à la politique du gouvernement.

Contrairement à ce qui s'écrit dans la presse acquise à l'offensive anti-sociale sous couvert de mettre fin au "populisme", celui-ci n'est pas inactif. Il a réussi à faire passer une série de lois qui comblent les vœux des affairistes et des capitalistes. Son parlement issu de la fraude électorale et de la désaffection populaire a voté toutes les lois qu'il lui a soumises. En particulier celle qui légalise le transfert de la totalité du capital des entreprises publiques dans les mains d'affairistes nationaux au bout de 5 ans. Il a mis en application des mesures qui ont touché de plein fouet le pouvoir d'achat des travailleurs : hausse de la taxe d'habitation, de la vignette sur les véhicules, du prix des carburants, etc. D'après l'Office national des statistiques, le niveau national moyen des prix a augmenté de 8,2% entre juin 2015 et juin 2016. Le coût des transports et celui des biens alimentaires qui pèsent lourdement sur le budget des bas revenus ont connu de fortes hausses, respectivement de 13,75% et 6,5%. La facture de l'électricité et du gaz est plus lourde par suite de la hausse conjuguée de la TVA, du tarif du kwh et du mètre cube de gaz. Les petits consommateurs ont subi des majorations brutales de l'ordre de 50%. Et il y aura encore d'autres augmentations, nous préviennent les responsables du secteur. Des foyers de plus en plus nombreux se retrouvent dans le noir pour non paiement.

 

 

 Des mesures d'austérité sans effet sur le train de vie des riches 

Pour leur part, les riches n'ont rien senti. Leur fortune est si colossale que les mesures prises ne leur font pas même l'effet d'une piqure de moustique. Le tarif progressif de l'électricité n'a pas été révisé dans les proportions qui leur feraient payer le gaspillage de l'énergie. Une gabegie aux proportions gigantesques, vu leur parc insolent d'appareils électro-ménagers et les multiples téléviseurs géants équipant les innombrables pièces de leurs grosses villas. Leurs demeures somptueuses ont été construites avec des matériaux directement ou indirectement soutenus au moyen de toutes sortes d'avantages fiscaux sur mesure que seuls les initiés connaissent. Comme cette astuce qui consiste à ne pas payer d'impôts sur la part des bénéfices investis dans les constructions immobilières inscrites par un tour de passe-passe dans la rubrique de "logements de fonction" pour leur personnel.

 

 

 Le pouvoir ne veut pas mécontenter sa base sociale 

La hausse du prix des carburants a été immédiatement répercutée par les transporteurs privés. On enregistre entre 20 et 40% de hausse des tickets de bus.

Le régime a utilisé la recette classique mais anti-populaire de la dépréciation d'un seul coup de 20% de la monnaie nationale par rapport à l'euro ou au dollar. Cela lui permet de faire pression sur la consommation interne puisque toute dévaluation a pour effet de hausser les coûts des produits importés. Cela lui permet aussi de gonfler artificiellement les recettes fiscales pétrolières pour tenter d'équilibrer le budget de l'Etat tout en continuant à éluder la question de la nécessité de faire payer les riches. Et ce n'est pas fini. Les "experts", dont l' "expertise" ne scrute que la consommation des travailleurs, jugent que le dinar demeure encore en-dessus de sa "valeur réelle". Il doit subir selon eux de nouvelles baisses pour atteindre le "taux de change réel". Il faut en effet, à les écouter parler entre eux, arriver à affamer l'ouvrier pour l'obliger à accepter de trimer sans rechigner sous les ordres des esclavagistes modernes, la classe des exploiteurs gavés de cadeaux de toutes sortes par l'Etat, son Etat.

 

Les effets de la dépréciation du dinar sont encore supportables dans la mesure où l'euro a plongé par rapport au dollar et qu'apparemment la banque d'Algérie a payé en dollars les biens provenant d'Europe. La baisse des cours des biens alimentaires importés, notamment des céréales et du lait, a amorti l'impact de la dépréciation de la monnaie nationale mais n'a pas soulagé le porte-monnaie des catégories démunies. Les importateurs n'ont pas répercuté complètement cette baisse. Ils continuent donc à empocher des surprofits scandaleux. L'Etat ne fait rien pour les réprimer. Il n'en a pas l'intention. Les défenseurs de la "cohésion sociale" peuvent toujours rêver d'une politique obligeant les riches à "prendre leur part de l'austérité" afin de créer le "front interne" sous le drapeau duquel les loups et les agneaux devraient s'unir face aux dangers externes. Aucune mesure ne viendra serrer la vis des spéculateurs. Les hommes du régime et les importateurs sont complices. Ils sont dans le même camp. Derrière tout grand importateur se tient un gros baron du régime. Tout le monde le sait depuis la libéralisation du commerce extérieur.

La moindre remontée des cours mondiaux des produits alimentaires aura des conséquences catastrophiques sur la situation sociale du peuple si le pouvoir applique son projet de supprimer les subventions.

 

 

 

  Code du travail et retraites en ligne de mire  

Sur un autre plan, le gouvernement affine ses préparatifs pour lancer son offensive contre les articles de lois qui assurent encore quelques protections aux salariés. Il peut compter sur la complicité de son syndicat-maison l'UGTA dont le SG hoche la tête en signe d'approbation chaque fois qu'un mauvais coup est perpétré contre la classe ouvrière et les masses populaires. Les carriéristes de l'UGTA se préparent à leur donner un coup de poignard dans le dos en apportant leur caution au projet de révision du Code du Travail en vue de plus de flexibilité. Comme tous les syndicalistes "jaunes" à la botte de la bourgeoisie, les responsables de l'UGTA cherchent à camoufler leur servitude en tentant de lancer un faux débat sur le terrain de la distinction à faire entre les métiers en fonction de leur degré de "pénibilité". Il y a certes des distinctions à faire mais il s'agit là de diversion. Une ruse grossière pour diviser les travailleurs. Forts de l'appui de l'UGTA qui a fait appel pour étouffer toute revendication d'augmentation salariale au moins jusqu'en 2019, les patrons en demandent davantage. Ils ne veulent pas se satisfaire des mesures dirigées lors de la refonte des lois sociales de 1990 contre les acquis des luttes de la classe ouvrière. Ils avaient alors obtenu la levée de toute restriction légale à l'usage sans limite du contrat précaire ou à durée déterminée. Il leur faut plus aujourd'hui. Notamment la suppression des lois qui obligent en cas de conflit les patrons à passer par l'arbitrage des inspections du travail. Pourtant ces dispositions ne sont pas sérieusement appliquées. Les syndicalistes savent que les inspections ont reçu des consignes scélérates pour ne pas établir les PV de non-conciliation. Ces PV sont indispensables aux travailleurs pour qu'ils puissent se protéger devant les tribunaux. Leurs exploiteurs intentent systématiquement contre eux des actions en justice chaque fois qu'ils doivent faire grève pour le respect de leurs droits.

 

Le FMI, les USA, les Etats capitalistes sont tous d'accord avec leurs alliés internes algériens. Ils pressent le gouvernement d'accélérer la cadence sans avoir à craindre la réaction des travailleurs. Ils seront à ses côtés en cas de confrontation. Ils réclament la traduction en actes concrets de l'engagement inscrit dans la Constitution de veiller à l'amélioration du "climat des affaires".

 

Le système des retraites est dans le viseur. C'est tout un symbole que le gouvernement ait décidé de revoir les ordonnances prises en 1996 pour faciliter la liquidation des entreprises publiques en favorisant la retraite proportionnelle sans condition d'âge. Il a voulu frapper un grand coup pour montrer que rien ne le fera fléchir dans sa détermination à mettre au pas les travailleurs.

Les travailleurs ont raison de ne pas céder à l'intimidation face à une situation caractérisée par des injustices insupportables, par les privilèges octroyées aux riches, aux affairistes, à leurs exploiteurs qui amassent des milliards sans payer d'impôts, ni déclarer tous leurs employés à la sécurité sociale. Ils n'ont pas l'intention de continuer à épuiser leur santé derrière des machines éprouvantes pour une retraite minable afin d'enrichir des parasites. Ils ont montré dans le passé qu'ils ne refusaient pas de se sacrifier pour construire le pays, pour le doter d'une industrie digne de ce nom. Mais ils n'accepteront jamais d'user leur santé pour le seul profit d'une bourgeoisie rapace qui étale avec morgue ses signes de richesse sans rien apporter au pays. Voilà pourquoi ils n'ont aucune confiance dans un régime affairé à concocter en secret le projet de reculer l'âge du départ à la retraite comme les gouvernements capitalistes le font partout dans le monde afin de hausser les profits de la bourgeoisie.

 

Leur refus du diktat implique une mobilisation collective et la construction de syndicats de classe capables de faire entendre le cri des prolétaires et de les entraîner dans les luttes qui préparent le chemin vers le combat décisif pour une société sans classe. 

 

 LE LIEN 

 septembre 2016