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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

RENFORÇONS L'AVANT-GARDE COMMUNISTE

Publié le 18 Octobre 2016 par Lien-pads in LE LIEN

Une condition essentielle pour contrer l'offensive des classes possédantes

 

-   Comprendre les enjeux de la catastrophe économique organisée par les classes possédantes

 

-   intensifier les efforts pour édifier le parti communiste indispensable à la mobilisation unie des exploités et des couches sociales marginalisées contre les plans de leur ennemi de classe

 

 

Les recettes pétrolières ont baissé de façon vertigineuse. La bourgeoisie s'en sert comme prétexte en or pour justifier des attaques de grande envergure contre le pouvoir d'achat et les conquêtes sociales de la classe ouvrière, pour achever de s'emparer des biens de la nation. Quand nous disons "bourgeoisie" il faut comprendre par ce terme l'ensemble étroitement lié des classes exploiteuses, parasitaires et affairistes, son régime, ses partis au pouvoir ou dans l'opposition, "modernistes", centristes, ou islamistes, ses organisations patronales, sa presse, ses intellectuels chargés de défendre le capitalisme, les hommes du culte qui utilisent la religion pour légitimer les inégalités sociales et prôner aux travailleurs la "patience", etc.

 

A travers ses multiples effets économiques la chute importante des recettes d'exportations pétrolières a trois conséquences politiques:

 

-   elle fournit aux puissances impérialistes la possibilité d'accentuer leurs pressions et attise en même temps les rivalités inter-impérialistes pour le contrôle des richesses de l'Algérie, pour la création des conditions politiques et sociales d'une exploitation plus féroce de sa classe ouvrière;

 

-   elle suscite des luttes à mort au sein des diverses fractions de la bourgeoisie et de leurs représentants dans les appareils civils et militaires d'Etat pour le partage des revenus pétroliers dont le volume a diminué en 2015 de moitié par rapport à son niveau de 2013 et va poursuivre selon toute vraisemblance sa tendance à la baisse tout au long de cette année;

 

-   elle aiguise la contradiction fondamentale qui existe entre les travailleurs, les masses populaires, d'un côté, la bourgeoisie et ses alliés extérieurs de l'autre.

 

Les rivalités inter-impérialistes et les querelles internes à la bourgeoisie sont étroitement imbriquées. Depuis le coup d'accélérateur donné, au début des années 1990, par la libération du commerce extérieur et les libéralisations, les capitalistes et affairistes algériens ont resserré très fortement leurs liens avec les entreprises monopolistes et les banques de divers pays impérialistes ou de régimes liés à ces entreprises. Des liens mouvants mais privilégiés rattachent les uns aux groupes français, les autres aux groupes américains, d'autres encore aux groupes anglais, chinois, sud-coréens, sans oublier la bourgeoisie turque, les féodaux-capitalistes du Golfe, avec lesquels la bourgeoisie qui utilise l'Islam pour légitimer sa puissance fait de bonnes affaires, etc. Les rivalités qui opposent ces puissances pour le contrôle des zones d'influence se répercutent sur les positions des divers clans ou conglomérats de clans qui se font et se défont au sein du régime ainsi que sur celles de l'opposition, elles  aussi émanation des aspirations de diverses autres fractions bourgeoises ou petites-bourgeoises (1).

 

Le bond des recettes pétrolières entre 1999 et 2013 - elles ont été multipliées par 4 en moyenne entre ces deux dates - a permis à la minorité des catégories sociales exploiteuses et affairistes et aux entreprises étrangères d'amasser beaucoup d'argent. Il a coulé à flot grâce à la revente en l'état des marchandises, des importations d'équipements et de produits bruts, des fournitures de services techniques, des grands et nombreux marchés de travaux publics. Les monopoles capitalistes du pétrole ont réalisé de gros profits au moyen du système du partage de la production pétrolière avec Sonatrach. Les banques étrangères, surtout françaises, se sont installées et ont réalisé des affaires en gérant les comptes des importateurs. Grands et petits magnats algériens cherchent refuge auprès d'elles, en espérant obtenir un jour par leurs pressions la proclamation de la liberté totale des mouvements d'argent entre l'Algérie et l'étranger, etc.

Les affaires, les pots de vin, les surfacturations, les fuites de capitaux, le nouveau partage actuellement en cours du butin des privatisations entre sociétés étrangères et patrons algériens (2), tout cela a scellé des alliances et en même temps suscité des rivalités sans fin pour l'accaparement ou la redistribution de la part du lion. Les arbitrages autour des conflits provoqués par la recherche de positions dominantes des uns aux dépens des autres dans les affaires lucratives du pays deviennent plus compliquées. Il était encore relativement facile dans les années 1990 de convertir d'un coup les richesses de la nation en chasse-gardée d'une quinzaine de barons issus des hautes sphères du régime (3). L'arbitrage est devenu aujourd'hui plus compliqué en présence d'une centaine de gros barons surgis de la redistribution de la rente pétrolière, mais aussi de celle des terres de l’État, des pans les plus juteux du secteur public, et tous liés à la fois aux cercles de décision internes et aux entreprises monopolistes étrangères.

 

 

Les requins pullulent et s'entre-déchirent

 

L'affaire Rebrab, Al Khabar, les contentieux qui ont surgi au sein du Forum des Chefs d'Entreprises, provisoirement réglés par la désignation de Haddad à sa tête, illustrent l'âpreté des conflits ouverts ou voilés qui éclatent au sein du régime. Rebrab avait été chouchouté par ceux qui voulaient montrer artificiellement, à coup de lignes de crédits et de facilités règlementaires le plus souvent scélérates, que le capitalisme, enfin "libéré" des entraves de l' "économie socialiste" allait dynamiser l'Algérie. Après 25 ans de marche forcée vers un capitalisme à visage découvert, installé à l'aide de méthodes qualifiées de "mafieuses", et la formation de nouvelles et colossales fortunes, il n'est plus seul sur le marché. Des dizaines, voire des centaines de requins pullulent attirés par l'argent du pétrole et les marchés publics. Ils réclament tous leur part du gâteau, la plus grande si possible. Ils s'entre-déchirent pour avoir leur part de la redistribution de la manne pétrolière avec une férocité d'autant plus sauvage que le débit du robinet des devises a brusquement faibli.

 

Depuis que Saadani, le responsable du FLN, s'est mis à s'attaquer publiquement au responsable du DRS, il est apparu clairement que chaque groupe a décidé de prendre à témoin l'opinion pour faire basculer le rapport des forces en sa faveur, malgré les efforts de Bouteflika de chercher à contenir les disputes internes dans l'enceinte discrète des cercles occultes. Chacun tend maintenant à appeler à la rescousse les puissances étrangères pour gagner la partie. On l'a vu depuis 2011 avec la démarche de personnalités parties se plaindre des pratiques du régime auprès de l'ambassade des USA. Ainsi que ce fut révélé par Wikileaks, Saïd Sadi avait de son côté jugé indispensable de rapporter à l'ambassadeur l'état d'esprit dans lequel se serait trouvé le chef du DRS au sujet des obstacles à la réforme du "système".

On sait aussi que de nombreux "opposants" fréquentent avec assiduité les représentations des Etats impérialistes. Les ambassadeurs des USA et de France, de leur côté, n'hésitent plus à prendre publiquement le pouls des différents clans politiques de la bourgeoisie en lice en vue d'exploiter les contradictions internes pour soumettre complètement l'Algérie aux intérêts de leurs capitalistes. Ils ont fait subir une épreuve orale à Benflis, opposant et candidat à l'élection présidentielle d'avril 2014, pour jauger sa disponibilité et sa capacité à s'inscrire efficacement dans leur stratégie. Aucun politicien de la bourgeoisie n'a eu le courage de dénoncer le fait, moins encore un pouvoir tétanisé à l'idée de subir le même sort que la Libye et la Syrie. Madame Hillary Clinton se réunit en février 2012 avec les représentants de la "société civile" algérienne choisis par les fonctionnaires de son ambassade, aucun d'entre eux n'avait protesté. On se rappelle qu'en 2005 Bouteflika avait conseillé au peuple d'accepter la dénationalisation du pétrole pour lui éviter de subir, comme en Irak, les bombardements américains !

 

 

Les États impérialistes jouent allègrement sur les contradictions internes

 

Ils exploitent les difficultés financières et le déficit croissant du budget de l'Etat qui vont réduire la marge de manoeuvre du pouvoir dans ses relations avec les différents clans bourgeois et ses capacités à neutraliser le mécontentement social. Ils stimulent l'action de leurs alliés et de leurs agents, à coup de financement des "ONG", pour orienter la montée du mécontentement interne dans la direction qui arrange leurs plans.

 

Pour arriver à leurs fins les Etats impérialistes manipulent les groupes obscurantistes. Ils les utilisent comme moyen de chantage ou carrément comme instrument à la déstabilisation.

Ils font monter les enchères pour arracher auprès des uns ou des autres des promesses de concession de positions dominantes. Les contradictions des pays capitalistes, le spectre d'une crise à rebondissement les poussent à augmenter la pression sur les hommes au pouvoir et sur ceux de l'opposition, les uns comme les autres étant tous de fervents partisans du capitalisme et du refus, quelle que soit l'acuité de la crise financière à venir, de revenir en arrière, à l'époque du "dirigisme étatique".

Chacune des fractions rivales de la bourgeoisie interne tente de faire fructifier ses contacts et ses liens avec les monopoles capitalistes étrangers pour faire pencher le rapport des forces de son côté. Le groupe politico-financier coalisé derrière Rebrab sollicite le soutien de Lagarde, à la fois Directrice du FMI et représentante de la bourgeoisie monopoliste française. Rebrab jouit en France aussi bien de l'appui des socialistes que de la droite. Il avait passé un marché avec les Français pour lancer un gigantesque projet d'exportation d'électricité d'origine solaire vers la France. Le projet s'était heurté au refus du gouvernement qui a opté pour sa réalisation avec le groupe allemand Siemens. L'opposition du pouvoir au projet Rebrab entrait dans sa tactique de "contentement équitable" et sans discrimination des prétentions des différents pôles impérialistes convoitant les richesses de l'Algérie, de manière à ne froisser aucun d'entre eux et à faire avorter toute conspiration concertée contre lui. De son côté, le chef du FCE applique une stratégie plus habile pour canaliser le soutien de ces pôles vers le pouvoir en place. Il courtise l'impérialisme US, le plus fort. En même temps, la société qu'il dirige - et qui prospère grâce aux plus de 800 projets d'infrastructures publiques que l'Etat lui a octroyés - s'appuie sur un réseau très diversifié de "sous-traitants" internationaux provenant de différents pays, une tactique qui présente  l'avantage de lui assurer des soutiens politiques diversifiés dans le monde.

L'arène politico-financière ne se réduit cependant pas à Rebrab et à Haddad. La course effrénée entre rivaux peut difficilement s'accommoder d'un chef d'Etat physiquement diminué et ne parvenant pas à arbitrer la course à la suprématie économique en prenant les décisions attendues selon le rythme imposé par la rapidité de la diminution du flux des recettes pétrolières. En même temps cette relative impotence favorise certains groupes proches des leviers de décision.

 

 

Endettement non exclu par le pouvoir pour ne pas réduire le volume des affaires des magnats

 

Il faut cependant souligner qu'indépendamment de la panique répandue par les médias, le volume des affaires réalisées par les magnats nationaux n'a pas diminué. Le maintien du volume des importations à un niveau élevé malgré la chute des recettes d'exportation atteste bien que la boulimie de la bourgeoisie n'a pas été réfrénée. Le déficit est colmaté par une ponction sur les réserves de change. Et le pouvoir a pris option pour l'endettement extérieur pour parer au cas où elles descendraient en-dessous de la ligne rouge, bien que certaines de ses personnalités mettent en garde contre le risque que ce recours fera peser sur la "souveraineté" du pays. En fait, la "souveraineté" invoquée n'est pas celle du peuple aspirant à se libérer du diktat impérialiste mais la capacité des magnats à marchander avec le capital étranger des positions avantageuses pour eux. L'ex-DG de Sonelgaz promu à la tête du Ministère de l'Energie avait annoncé la couleur dans ce sens pour financer les investissements dans la production de l'électricité. Sa nomination ne peut être interprétée autrement que comme un signal fort du pouvoir en direction des puissances impérialistes. Elle est destinée à les rassurer sur son intention "irrévocable" de s'inscrire dans les règles "modernes" de la finance internationale "globalisée" et de s'interdire par avance tout recours à des solutions d' "économie de guerre" qui nuiraient au capital étranger. Ainsi, les importateurs de véhicules sont contraints à des sacrifices avec l'instauration de quotas et en même temps se voient offrir la solution "alternative" du montage et de l'assemblage avec les capitalistes étrangers. Cela permettra aux uns et aux autres de continuer à faire de gros profits. Le gouvernement veille à la sauvegarde des intérêts communs de sa base sociale.

 

Malgré les rivalités qui les opposent, les différentes forces internes et externes du capital sont alliées dans leur volonté de soumettre les masses populaires à leur diktat. Elles s'accordent pour attaquer violemment tout ce qui constitue à leurs yeux une entrave à la liberté totale de mouvements des capitaux en Algérie. Le FMI, la Banque mondiale, l'Union européenne, les ministres des États impérialistes, les journalistes et les "experts" nationaux acquis aux principes de la liberté totale du Capital, multiplient les communiqués, les déclarations, les articles de presse, en un mot les injonctions à démanteler au plus vite tout ce qui freine la satisfaction des appétits des capitalistes, à rompre avec courage avec les derniers vestiges du "populisme", à ne pas craindre d'affronter le mécontentement social pour éviter à l'Algérie le "désastre économique". Toutes ces exhortations ne sont en fait rien d'autre que des appels à déclarer la guerre sociale aux prolétaires et aux masses populaires.

 

La feuille de route que le pouvoir algérien est sommé de suivre

 

Comme notre parti l'a résumé dans sa déclaration sur l'élection présidentielle du 17 avril 2014, les puissances impérialistes:

 

" font monter les enchères pour obtenir du régime ou de l'opposition "libérale" qu'ils s'engagent à accélérer l'application des "réformes" exigées par l' "économie de marché", c'est-à-dire à leur donner les gisements de pétrole et de gaz, à leur remettre les secteurs stratégiques et juteux de l'économie - Sonelgaz, télécommunications, distribution de l'eau, banques publiques, santé, etc. - à leur reconnaître la liberté totale de circulation des capitaux et d'exportation des profits, à diminuer ou même faire disparaître les impôts sur leurs profits, à augmenter le prix du gaz et de l'électricité, à supprimer toutes les barrières douanières, à leur permettre de prendre possession des terres, à rayer toutes les lois sociales qui protègent encore plus ou moins le travailleur et qui fixent le salaire minimum, les primes et les indemnités, etc. L'impérialisme veut des bases militaires et ne relâche pas ses pressions pour que l'armée algérienne devienne le gendarme de ses intérêts en Afrique.

C'est cela le vrai contenu des "réformes" sur lequel le régime et l'opposition ultra-libérale sont d'accord sans le reconnaître publiquement."

 

 

Les travailleurs doivent se préparer au combat pour préserver leurs intérêts et leur dignité

 

 

Il est donc clair qu'il n'y a pas d'autre perspective prévisible pour la classe ouvrière et l'ensemble des couches sociales populaires que de se préparer à une bataille de classe dure et  sans précédent pour mettre en échec les plans anti-populaires de la coalition formée par les exploiteurs et les affairistes internes et externes. Les calculs individuels du genre "akhti rassi" ("sauver ma tête") ne mèneront qu'à la défaite ceux qui refusent l'action collective.

Les travailleurs doivent déjouer les ruses et les promesses démagogiques des "libéraux" opposants au régime qui leur affirment que leur salut dépendra de leur soutien à l'éviction de Bouteflika et qui leur cachent que leur programme économique et social réel est de faire la même chose ou pire que lui. Ils doivent également déjouer les opérations de division menées sur des bases régionalistes. Le combat politique doit être mené avec détermination contre la propagande consistant à faire croire à des citoyens naïfs de Kabylie, des Aurès , de Ghardaïa et d'autres régions du sud que leur situation s'améliorera s'ils entrent dans un processus séparatiste et s'ils prêtent l'oreille aux promesses des États impérialistes d'un "avenir meilleur" dans la proclamation de leur "sécession". L'expérience internationale des ingérences impérialistes a montré que ces chemins mènent au déversement de fleuves de sang et à une misère encore plus grande pour les peuples, puis à la domination des peuples séparées par la haine et divisées en petits "dominions" sans espoir de sortir la tête de l'eau.

De même il faut combattre le racisme et les attaques ignobles lancées par des nervis manipulés contre les populations de l'Afrique subsaharienne chassées de leurs pays par les conséquences des interventions des États impérialistes en Libye et par le soutien de ces Etats aux forces de l'obscurantisme. Les peuples doivent être unis et solidaires les uns des autres pour faire face aux guerres fomentées par l'impérialisme.

 

 

Cette résistance aux plans des forces internes réactionnaires et de leurs alliés impérialistes implique l'intensification d'une lutte politique et idéologique coordonnée pour forger à la fois:

 

-   un syndicat de classe et de masse, unitaire, démocratique et internationaliste;

 

-   un parti d'avant-garde communiste qui éclaire et oriente les luttes des exploités et des opprimés. Un parti qui combat les idéologies réactionnaires, élève la conscience de classe des exploités et les éduque dans la voie du combat qui lie étroitement les luttes immédiates pour le pain, le travail, le logement, la santé, les loisirs, aux luttes pour le renversement du régime de la bourgeoisie.

 

 

 

Un tel parti est indispensable pour réaliser l'avènement d'un pouvoir révolutionnaire de la classe ouvrière et de ses alliés, la paysannerie pauvre, les couches sociales qui vivent du fruit de leur travail manuel et intellectuel, pour instaurer une société socialiste basée sur la propriété sociale des moyens de production et une planification centrale démocratique et scientifique.

 

 

Le PADS, parti des communistes algériens qui se préparent à commémorer le 80ème anniversaire de la fondation du Parti Communiste algérien le 16 et 17 octobre 1936 et qui affirment leur engagement à poursuivre les traditions glorieuses des luttes animées par le PCA, quelles qu'aient pu être les erreurs commises, le PADS inscrit ses actions dans ce combat pour doter les exploités et les opprimés des instruments de leur émancipation. Il applique la maxime énoncée par Marx et Engels :"l'émancipation du prolétariat doit être l'oeuvre du prolétariat lui-même". Son renforcement est la pierre de touche de la sincérité de ceux qui aspirent à poursuivre la lutte pour une société débarrassée de l'exploitation de classe.

Le parti communiste s'édifiera en regroupant les ouvriers les plus conscients dans une lutte sans merci contre les courants opportunistes. Ces courants tentent de disperser les efforts de l'avant-garde consciente vers la constitution de "larges rassemblements de gauche" dépourvus de ligne directrice idéologique révolutionnaire marxiste-léniniste et renvoyant la question de la préparation de la révolution socialiste à un "horizon" lointain sans cesse repoussé.

 

 

 LE LIEN 

 septembre 2016 

 

******

 

NOTES :

 

(1) Le parti de Louisa Hanoune se démasque.

Celle-ci défend elle aussi les intérêts de la bourgeoisie et ne se démarque des hommes du pouvoir que sur des questions de méthode et de nuances. A sein de cette opposition la place occupée par le parti dit des travailleurs est particulière. Ce parti est une création d'une fraction du régime. Le PT est un sous-produit des groupes gauchistes que manipulait déjà une aile droitière des services de sécurité dans les années 1970 pour contrer les communistes, en particulier au sein de la jeunesse universitaire, et discréditer à l'aide de la phrase de "gauche" les aspects positifs de l'action anti-impérialiste du pouvoir de Boumediene.

Après l'instauration du multipartisme, sa fonction devait se maintenir tout en s'adaptant à la nouvelle situation. Les organes de sécurité lui ont assigné une fonction précise depuis 1990, tout en l'encourageant à continuer à manier la phrase de gauche. Elle a consisté à établir le contact avec les mouvements islamistes et à rabattre les travailleurs politiquement inexpérimentés vers un soutien soi-disant critique d'un pouvoir maintenant franchement au service du capitalisme de manière à les tenir à l'écart du processus de construction d'un mouvement ouvrier révolutionnaire indépendant et de son parti communiste. Le PT a ainsi soutenu le pacte de Sant'Egidio et ensuite apporté sans discontinuer son soutien à Bouteflika dans le cadre de la défense de la "stabilité du pays". Cette position n'est qu'une variante de l' "union nationale", qui ne dit pas son nom, avec la bourgeoisie mais recouverte d'un vernis de type social-démocrate en faveur de revendications purement économiques des travailleurs, coupées de toute lutte politique de la classe ouvrière pour arriver au pouvoir. Le PT veille soigneusement à les tenir loin de toute aspiration à préparer les conditions de la révolution socialiste. Les concepteurs de ce montage ont œuvré à ce que les positions de leur protégé soient fortement relayées par les médias publics et privés.

Tant qu'un consensus apparent régnait entre les différentes sphères du régime, notamment entre Bouteflika, l'armée et les chefs des services de sécurité, le porte-parole du PT, Louisa Hanoune, a répandu les illusions sur un prétendu rôle positif du chef de l'Etat. Elle a martelé qu'il prête une grande attention aux aspirations des travailleurs mais que ses instructions sont sabotées par son "entourage". Depuis que des dissensions ont éclaté au grand jour au sein du pouvoir, par médias interposés, et se sont terminées par l'éviction des responsables du DRS, le PT est en plein désarroi.

Louisa Hanoune colporte la fiction d'une conspiration organisée par les mauvais "oligarques", représentés par le président du FCE. Cette "conspiration" aurait pour but de couper et d'isoler Bouteflika du peuple afin d'avoir les mains libres pour accaparer les biens de la nation. Elle exprime publiquement son appui à d'autres fractions d'oligarques comme celle que représente Rebrab. On aura remarqué que le PT ne s'était pas solidarisé en 2012 de l'action de protestation des travailleurs arbitrairement licenciés par celui-ci de son usine de Béjaïa.

 

 

 

(2) Repartage entre sociétés étrangères et patrons locaux des entreprises publiques privatisées.

Signalons le passage de certaines entreprises publiques initialement privatisées au profit d'entreprises étrangères des mains de celles-ci à celles des nouveaux magnats nationaux. C'est le cas d'une entreprise de bâtiment d'envergure nationale qui jouissait d'une bonne santé financière et disposait d'importantes assiettes foncières. Elle avait été cédée à une société belge avant d'être rétrocédée par cette dernière au groupe Benhamadi puissamment épaulé par des hommes du régime. Benyounès a mené l'opération en catimini sans faire jouer le droit de préemption de l'Etat. Le même groupe vient de racheter également l'unité de production de câbles en cuivre de Biskra que l'Etat avait cédée à General Electric. Il semblerait que cette transaction soit le fruit de tractations pilotées par le gouvernement qui veille à consolider sa base de classe tout en renforçant ses alliances avec le capital monopoliste étranger. La multinationale US a consenti à se débarrasser de cette usine, en échange de la position dominante et bien plus avantageuse que le gouvernement lui a accordée dans le montage de turbines électriques. Cette position lui assurera des profits autrement plus élevés que ce qu'elle obtenait à Biskra.

Apparemment, le gouvernement impulse ce genre d'opérations triangulaires de manière à ne pas être accusé de livrer directement les secteurs juteux de l'économie à sa clientèle politique.

 

(3) L'anecdote du café.

On se rappelle cette anecdote produite par la dérision populaire. Les produits importés auparavant sous monopole d'Etat ont été répartis entre une dizaine de personnages haut placés, dans le cadre de la libéralisation du commerce extérieur. Un citoyen qui avait pris au sérieux cette ouverture se lance dans l'importation de café sans se rendre compte qu'il empiétait sur le domaine réservé de l'un de ces barons. Juste après la réception d'un premier bateau chargé de café, il reçoit la visite d'un homme qui lui conseille de renoncer à cette activité. Comme l'autre s'obstinait à défendre son droit à "la liberté du commerce" il se voit adresser cet avertissement: "ou tu te retires ou on te fera boire ton café jusqu'à ce que mort s'ensuive" !

 

 

 

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