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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Sur le 60ème anniversaire des événements contre-révolutionnaires de 1956 en Hongrie

Publié le 29 Octobre 2016 par Lien-pads

Ci-dessous vous trouverez des extraits de la publication de la Jeunesse communiste de Grèce (KNE) " Vérités et mensonges sur le socialisme" (Synchroni Eponi 2012) relatifs aux événements contre-révolutionnaires qui ont eu lieu en Hongrie

 

 

Les évènements contre-révolutionnaires dans les pays de l'est européen

 

"En automne 1956, La Hongrie annonça son retrait du Pacte de Varsovie, mais les troupes soviétiques ont envahi le pays et réprimé le soulèvement."

"En 1968, la tentative tchécoslovaque de s'éloigner de Moscou se heurta à l'invasion du pays par les pays membres du Pacte de Varsovie"

(Livre d'histoire du 3ème degré de l'Ecole Supérieure).

 

 

L'expérience historique de la construction socialiste en Union Soviétique et dans les Démocraties Populaires d'Europe ont confirmé que la lutte de classe continue durant la construction socialiste, ce qui signifie qu'une contre-révolution est possible. Les tentatives de renverser le pouvoir ouvrier dans un certain nombre de pays européens (la tentative de coup d'Etat contre-révolutionnaire de 1953 en RDA, les contre-révolutions tentées en Hongrie en 1956, en Tchécoslovaquie en 1968 et en Pologne 1980-81) ne furent rien d'autre que des efforts des classes bourgeoises défaites dans ces pays de reprendre le pouvoir. Ces efforts, comme nous le verrons ci-dessous, furent fortement soutenus de multiples manières par l'impérialisme international.

 

Évidemment, un rôle catalyseur fut joué par la domination de forces opportunistes dans le parti et les organes d'Etat en liaison avec l'apparition des actions contre-révolutionnaires ci-dessus. Ces directions non seulement ont affaibli la vigilance envers l'activité de l'impérialisme et ont sous-estimé l'aiguisement de la lutte de classe mais au cours du processus ces mêmes partis devinrent des véhicules de la contre-révolution, en conduisant même à la contre-révolution les forces populaires et en soutenant les actions contre-révolutionnaires (par exemple Imre Nagy en Hongrie, Dubcek en Tchécoslovaquie).

 

Ces actions contre-révolutionnaires sont toutes présentées par la propagande impérialiste comme un soulèvement pour la "démocratie' et contre la "répression", alors que la manière de les traiter de l'Union soviétique et des autres pays socialistes est présentée comme une "invasion".

 

Ce qui est écrit dans les livres scolaires est caractéristique et les références correspondantes inondent la presse bourgeoise quand nous avons les "anniversaires" de ces événements. L'interprétation qui est donnée par la propagande impérialiste des événements est acceptée aussi par opportunisme.

 

Mais que s'est-il réellement produit ? Nous examinerons comment les événements contre-révolutionnaires se sont développés et ont été organisés en Hongrie et en Tchécoslovaquie.

 

Les contre-révolutionnaires ont organisé sur une large échelle la chasse à l'homme qui fut principalement dirigée contre les membres et les cadres du Parti des travailleurs de Hongrie. Le 30 octobre 1956, par exemple, selon l'Associated Press, 130 personnes furent arrêtées dans les bureaux du Parti et furent pendues par les pieds ou battues à mort.

 

La tentative de contre-révolution en Hongrie

 

Du 13 au 16 juin 1953, la direction des organes du Parti conduite par Mathias Rakosy, secrétaire général du comité central et Premier ministre a visité l'URSS à l'invitation de la direction soviétique. Après cette visite, le bureau politique du parti a décidé d'inclure dans sa composante le dirigeant du parti Imré Nagy. Le 2 juillet, Nagy, qui soutenait le système bourgeois du multipartisme, fut désigné premier ministre.

 

Ces développements ont aiguisé la lutte à l'intérieur du parti. En 1955, Nagy fut démis des postes du parti et de l'Etat et plus tard exclu du parti. En décembre 1955, fut créé le "club Petöfi" des "55 écrivains anti-communistes". M. Rakosy, secrétaire général du Comité Central du Parti des Travailleurs de Hongrie, à la session plénière du comité central de mai 1956 caractérisait la position de Staline au sujet de l'aiguisement de la lutte de classe dans les conditions du "pouvoir" des ouvriers comme " erronée et nocive". Deux mois plus tard, Rakosi fut démis de ses responsabilités. Le 13 octobre 1956, Nagy fut rétabli et réintégré dans les rangs du parti. De ce qui précède, il est clair qu'une lutte intense se déroulait dans la direction du parti, et qu'il y avait de la confusion et des remous au sujet de la ligne révolutionnaire. Il semble aussi qu'il y avait différentes tendances de l'opportunisme au sein du parti, la plus ouverte était menée par Nagy et la centriste par Rakosi. Le parti a non seulement montré sa faiblesse pour traiter la contre-révolution, mais l'émergence de l'opportunisme dans ses rangs aidait ce processus.

 

Les événements contre-révolutionnaires débutèrent le 23 octobre 1956 par l'organisation d'une large manifestation contre-révolutionnaire avec des mots d'ordre trompeurs comme "le socialisme aux couleurs hongroises", et demandant la promotion de Nagy à la direction du gouvernement.

 

Au même moment, une énorme vague de terrorisme et de crimes contre les communistes fut déclenchée, particulièrement à Budapest. La direction du parti fit face à la situation en décrétant l'état d'urgence dans le pays, en demandant l'aide des troupes de l'Union Soviétique et elle accepta que Nagy revienne comme président du cabinet.

 

Quand Nagy revint, il ouvrit les frontières avec l'Autriche et il permit l'infiltration dans le pays de milliers de contre-révolutionnaires et d'agents, d'éléments réactionnaires et fascistes qui avaient quitté le pays. L'équipement et l'approvisionnement des contre-révolutionnaires furent apportés par voie aérienne de Vienne à Budapest, principalement par des avions américains.

 

 

L'attaque contre le pouvoir ouvrier s'intensifia

 

Au matin du 25 octobre, les institutions de l'ordre public avec l'aide des forces militaires de la province qui n'avaient pas été miné par les contre-révolutionnaires, déclara un strict couvre-feu à Budapest dans le but de faciliter la suppression des groupes armés contre-révolutionnaires. Cette mesure fut suspendue par Nagy qui avait engagé des négociations avec les contre-révolutionnaires. En même temps, il menaça de démissionner si le ministre de la Défense ordonnait d'attaquer la galerie "Korvin", où les forces contre-révolutionnaires les plus importantes étaient rassemblées.

 

En même temps, le gouvernement de Nagy promettait des armes aux gardes ouvrières révolutionnaires qui s'étaient installées dans différentes compagnies et bureaux du parti, mais il les délivrait aux contre-révolutionnaires. Nagy ne pouvait pas s'afficher ouvertement comme un ennemi du socialisme. Comme il est noté dans la publication du Service d'information de l'Etat hongrois : "... Imre Nagy dans sa déclaration à la radio du 25 octobre a noté que l'intervention "des troupes soviétiques dans le combat fut demandée par les intérêts vitaux du socialisme. (...) Même Imre Nagy ne pouvait pas à ce moment se présenter  autrement qu'en ferme soutien du pouvoir populaire socialiste, comme un ami de l'Union Soviétique, comme un ennemi intransigeant des attaquants contre-révolutionnaires (...) Si Imre Nagy le 23 octobre avait pris une position ouverte contre le Pacte de Varsovie et en faveur d'une "neutralité selon le modèle autrichien" il n'y aurait eu aucune discussion sur sa nomination à la Présidence du Cabinet."

 

 

L'activité subversive de l'impérialisme

 

Les archives déclassifiées des puissances impérialistes nous permettent d'avoir une "image" de l'activité subversive que les services secrets de l'impérialisme international ont couvert de différentes manières. Indicatives de cette activité sont les directives suivantes données dans un rapport du Conseil National de Sécurité sur "la politique US envers les "satellites" soviétiques dans l'Est de l'Europe " qui furent approuvées par le Président D. Eisenhower, en juillet 56 :

 

"Dans le but d'encourager l'installation de gouvernements qui ont été élus librement dans les "satellites" comme un moyen de désorganisation et non comme une fin en soi-même, vous devez être prêts en tout cas, secrètement et suivant une orientation appropriée à aider les nationalistes de toute manière afin que  l'indépendance de la domination soviétique soit possible et sans qu'elle mette en danger la cohésion des Etats Unis et du "monde libre". 

 

(Voir le rapport du Conseil national de Sécurité NSC 5608/1, "la Politique US envers les Satellites Soviétiques dans l'Europe de l'Est" 18 juillet 1956)

 

Le 30 octobre, les troupes soviétiques se sont retirées du pays à la requête de Nagy. Les forces contre-révolutionnaires ont repris encore plus leur offensive sauvage. "Le terrorisme contre-révolutionnaire était dominant dans les rues de Budapest, les communistes et les progressistes étaient assassinés. Des milliers de militants du Parti, des présidents d'association de paysans, des présidents de conseils, des soutiens du socialisme furent emprisonnés à travers le pays et leur massacre fut préparé Dans l'arène politique des capitalistes, sont apparus les propriétaires terriens, les banquiers, les princes et comtes conduits par Mindszenty. Ils sont apparus au Parlement et en deux jours seulement ils ont fondé 28 partis contre-révolutionnaires".

 

Les fascistes et les soutiens des Nazis étaient ouvertement engagés dans les événements contre-révolutionnaires. Le correspondant du quotidien de l'Allemagne de l'Est Veli Aufsontag a écrit au sujet de l'un des contre-révolutionnaires : "La première chose que je vis en lui fut la médaille de la Croix de fer" , tandis que le journal français France-Soir a écrit que "les éléments les plus réactionnaires et fascistes" avaient un rôle dirigeant dans les événements.

 

Les déclarations du gouvernement Nagy au sujet du retrait du Pacte de Varsovie et de la "neutralité" du pays au 1er Novembre eurent un effet sur les contre-révolutionnaires d'une ampleur telle que même le correspondant de Reuters fut conduit à écrire : " Depuis hier il y a une chasse à l'homme dans les rues de Budapest", des personnes "sont pourchassées et sont massacrés comme des chiens, pendues à des réverbères et aux balcons des habitations. A travers le pays il y a des scènes qui nous rappellent le retour en Hongrie des "blancs" en 1919".

 

Le rôle de l'impérialisme international

 

Un officiel britannique a reconnu 40 années plus tard, sans révéler son identité, l'engagement des puissances impérialistes dans le "soulèvement hongrois" : " En 1954, nous avions pris des agents aux frontières hongroises, que nous avions conduits dans les territoires autrichiens contrôlés par les Britanniques. Nous les avons pris dans les montagnes et nous leur avons accordé une formation militaire. ... Ensuite, après les avoir formés aux explosifs et aux armes, nous les avons ramenés … Nous les avions formés pour le soulèvement".

 

La Pravda a aussi écrit dans un article : "Les journaux bourgeois occidentaux ont écrit avec assez de sincérité que la réaction avait préparé bien longtemps avant et avec diligence les événements hongrois, à la fois intérieurement, et de l'étranger, que depuis les débuts on pouvait voir dans chaque chose la main expérimentée des conspirateurs. Le dirigeant des espions américains, Allen Dulles a ouvertement déclaré que "nous savions" ce qui se produirait en Hongrie."

 

Pendant toute la durée de la contre-révolution les impérialistes appelèrent les Hongrois à se "soulever" sur les ondes de la radio "Free Europe" ("Europe Libre") qui a été créée et dirigée par le gouvernement US. Avec leurs émissions radiophoniques ils les appelèrent à organiser le sabotage, à fournir des aliments et des produits aux contre-révolutionnaires et de soutenir leurs actions. Ces émissions annonçaient l'envoi d'une aide militaire des Etats Unis. La station de radio, selon ce que Henri Kissinger a écrit, demandait aux Hongrois de "demeurer engagés à leur révolution et à n'accepter aucun compromis (...) Les combattants pour la liberté, ne suspendront pas leurs fusils au mur".

 

Les plans des Etats- Unis ont aussi révélé la recommandation de J.Dulles à la rencontre du Conseil National de Sécurité du 21 octobre 1956, au sujet de la politique des Etats Unis en Hongrie et en Pologne, alors que la contre-révolution était en marche : " Une aide immédiate humanitaire au peuple Hongrois. (...). Si un gouvernement arrive au pouvoir pour le moins indépendant en Pologne également. Etre préparé à fournir (...) une assistance économique et technique en quantités raisonnables, suffisamment pour donner aux Hongrois une alternative à la solution d'une dépendance totale à Moscou (...). Prendre des mesures appropriées pour réorienter le commerce hongrois vers l'Ouest."

 

 

La défaite de la contre-révolution suite à l'action de la classe ouvrière hongroise et de l'Armée Rouge

 

Comme il est mentionné, les communistes conséquents, les ouvriers et les paysans ont créé des groupes de gardes révolutionnaires et ont essayé de faire face aux groupes contre-révolutionnaires. Mais ils ont agi seulement dans certaines parties du pays pour s'armer eux-mêmes et vaincre la terreur. Finalement, le 3 novembre, un gouvernement révolutionnaire ouvrier et paysan a été créé par des dirigeants du Parti dans la ville de Szolnok et il a invité l'Union Soviétique à l'aider à briser la contre-révolution. L'URSS a répondu à la demande, en application de son devoir internationaliste, et le 4 novembre, les communistes hongrois et les dirigeants ouvriers avec l'aide de l'Armée Rouge l'ont remporté sur les forces contre-révolutionnaires.