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Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Parti communiste de Grèce, la définition d'une stratégie révolutionnaire unifiée en Europe et dans tout le monde est nécessaire pour le renversement final de la barbarie capitaliste, pour la paix et la prospérité populaire, le socialisme-communisme

Publié le 18 Décembre 2016 par Lien-pads

 

 

Parti communiste de Grèce, la définition d'une stratégie révolutionnaire unifiée en Europe et dans tout le monde est nécessaire pour le renversement final de la barbarie capitaliste, pour la paix et la prospérité populaire, le socialisme-communisme

 

Dans son discours de bienvenue au séminaire international de la délégation au parlement européen du KKE, Dimitris Koutsoumpass, Secrétaire général du CC de KKE a noté ce qui suit :

 

 

 

Chers camarades,

 

Au nom du comité central du KKE, j'adresse une bienvenue chaleureuse au travail du séminaire international organisé à Athènes par la délégation du KKE au Parlement Européen, à l'occasion du 100ème anniversaire de la publication de l'œuvre de Lénine "sur le mot d'ordre des Etats Unis d'Europe".

 

Les positions de Lénine dans les conditions du début du 20ème siècle conservent leur importance 100 ans après. C'est une œuvre qui devrait être étudiée par les communistes, les radicaux, les personnes bien intentionnées non seulement de notre continent, l'Europe, mais dans le monde entier.

 

Cette question, en effet, doit être abordée dans un esprit créatif, à travers le prisme des changements qui ont eu lieu dans le monde. Ces changements n'ont cependant pas modifié l'essence, les lois fondamentales de l'économie capitaliste, de la production comme sa motivation pour la plus-value, le profit, la compétitivité et l'inégalité, l'anarchie dans la production et l'injustice dans la répartition.

 

Les accords entre États, les alliances impérialistes qui cherchent à "imposer l'ordre" au commerce international, aux exportations du capital, n'annulent pas les lois du capitalisme.

 

Au contraire, ils rendent leurs conséquences plus douloureuses pour les peuples, pour un plus long terme et ils rendent nécessaire la lutte de classe révolutionnaire jusqu'au renversement du capitalisme pour la construction plus que jamais nécessaire du socialisme-communisme.

 

 

Camarades,

 

Après l'éclatement de la crise internationale de 2008-2009, il est devenu clair que l'UE et la Zone euro n'est pas une alliance économique politique, cohésive et stable entre États. Dans les années qui ont suivi, le rapport des forces s'est modifié au sein du noyau dirigeant de l'UE en faveur de l'Allemagne.

 

L'écart s'est élargi aux dépens de la France et de l'Italie.

 

Dans la dernière décade, le taux moyen de la croissance du PIB dans la zone euro est presque stagnant avec l'Allemagne dans la position dirigeante. 

 

 

L'aiguisement de l'inégalité dans la Zone Euro est reflété dans l'écart croissant entre les excédents commerciaux de l'Allemagne et des Pays-Bas et les déficits de la plupart des Etats-membres.

 

Au niveau politique, l'exacerbation de la compétition au sein de l'Europe a été exprimée par le résultat du référendum britannique et la montée de l'euro-scepticisme en France, en Italie et dans d'autres Etats membres de l'UE, c'est à dire, par le renforcement de forces centrifuges. Les prochaines élections présidentielles en France et les élections dans d'autres pays, en Allemagne même, peuvent exprimer un nouvel aiguisement de la situation dans l'UE.

 

Les résultats du Brexit reflètent dans une certaine mesure  l'attitude générale la plus négative de la classe bourgeoise britannique en ce qui concerne la trajectoire de l'approfondissement de la Monnaie unique européenne et de l'UE, sa convergence stable avec les USA dans leur compétition avec l'Allemagne, l'existence de secteurs du capital britannique et US qui ont désiré la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE et qui ont enfermé le mécontentement populaire dans le sillage de l'euro-scepticisme bourgeois.

 

Sur ce terrain les dilemmes pour l'orientation politique bourgeoise en Allemagne et dans le reste des Etats-membres de l'UE deviennent plus compliqués. Les gouvernements de France et d'Italie demandent l'assouplissement de la politique fiscale afin qu'ils puissent renforcer leurs groupes monopolistes et la course pour l'approfondissement de l'unification de la Zone Euro, afin que l'Allemagne en pratique assume le rôle de garant des Etats endettés et des hypothèques des grandes banques de l'UE.

 

Les Etats-membres qui maintiennent des relations étroites avec les USA, tel que le groupe Visegrad (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie) tout comme la Suède et le Danemark cherchent le maintien du caractère intergouvernemental et le renforcement des politiques nationales indépendantes concernant diverses questions, par exemple, celles de l'immigration et des réfugiés.

 

La ligne dominante de la classe bourgeoise allemande combine le maintien du caractère intergouvernemental des décisions de l'UE et l'imposition en pratique d'une UE à plusieurs vitesses, avec un noyau plus étroit et cohésif de la monnaie commune.

 

Cependant, la social-démocratie allemande converge dans une grande mesure avec les propositions de la France et de l'Italie pour l'approfondissement de l'UE. Il y a aussi une confrontation concernant les relations de l'Allemagne avec les Etats-Unis et la Russie, alors que les relations se développent entre l'UE et la Chine.

 

Les USA soutiennent la France et l'Italie concernant la question de l'assouplissement de la politique fiscale comme aussi le groupe de Visegrad et les pays scandinaves pour arrêter le cours de l'approfondissement de l'unification de l'Europe.

 

Le G20 a pris aussi une position en faveur de l'assouplissement de la politique fiscale au bénéfice des investissements publics.

 

L'objectif de lier l'Ukraine à l'UE, contre les plans de la Russie pour l'intégrer dans la communauté économique eurasienne a exacerbé les tensions dans les relations entre l'UE et la Russie, avec les derniers soutiens des forces politiques au sein de l'UE qui sont contre l'approfondissement de l'unification capitaliste dans le cadre de l'UE.

 

La ligne dominante des politiques bourgeoises en Grèce considère le maintien du pays dans la Zone Euro comme une donnée, alors qu'en même temps se poursuivent là des relations particulièrement étroites entre le capital maritime grec et les USA et la Grande-Bretagne, le renforcement des relations économiques avec la Chine.

 

Camarades,

 

L'avenir de l'UE et de la Zone Euro, de l'économie internationale capitaliste, ne peut en aucun cas être uniquement déterminé par les plans des impérialistes, parce que les contradictions ont leur propre dynamique. Aucune gestion des options bourgeoises ne peut éradiquer la compétition et les contradictions entre les économies capitalistes, alors qu'elles entrent en conflit avec les intérêts des ouvriers et des peuples dans tous les Etats membres de la Zone Euro.

 

La crise met en évidence d'une manière même plus intense les limites historiques du système capitaliste, plus généralement la difficulté de passer à un nouveau cycle d'une reproduction étendue du capital social. La crise économique prolongée en Grèce est l'expression de tous les facteurs ci-dessus, dans un pays qui, en effet, n'est pas au sommet du capitalisme global de l'UE. Même si la bourgeoisie grecque a bénéficié de l'accession à l'UE, en même temps, la gestion fiscale de la crise a démontré qu'elle était plus difficile dans les conditions de l'Union Monétaire et du contrôle fiscal entre les Etats.

 

La classe bourgeoise grecque a initialement bénéficié du renversement contre-révolutionnaire dans les pays voisins des Balkans et de l'accession à l'UE et elle a accompli une importante accumulation des exportations de capital sous la forme d'investissements directs qui ont contribué au renforcement des affairistes grecques et des groupes monopolistes. Les exportations de capital se sont aussi bien étendues dans d'autres pays. Elle a participé activement à toutes les interventions impérialistes et aux guerres, telles que celles contre la Yougoslavie, l'Irak, l'Afghanistan, la Libye, etc. Elle a fonctionné comme un membre actif de l'OTAN.

 

Après l'éclatement de la crise, la position de l'économie capitaliste grecque s'est détériorée dans le cadre de la Zone Euro, de l'UE et plus généralement du système capitaliste international, un fait qui ne supprime pas l'accession de la Grèce à la CEE-UE qui a servi les secteurs les plus dynamiques des monopoles intérieurs du capital et qui a contribué au renforcement de son pouvoir politique.

 

Camarades,

 

La proposition du KKE adressée au peuple est qu'il n'a rien à faire avec le changement de monnaie ou avec le fait que le drachme s'appuie sur le dollar, la livre sterling, le Yen ou tout autre monnaie. Nous ne choisissons pas entre Charybde et Scylla.

 

Un parti bourgeois peut adopter la position du retrait de la Zone Euro, s'il en arrive à estimer que les secteurs de base de la bourgeoisie peuvent être servis par une monnaie nationale, que la reprise pourrait être facilitée par une dévaluation. De telles tendances ont été exprimées au référendum britannique et par des partis qui ont été créés en Allemagne, tout comme par les positions anti- UE du parti de Le Pen et des autres partis populistes de l'extrême droite en Europe. L'actuelle politique du protectionnisme est renforcée, dans l'ensemble de l'UE et maintenant aux USA avec l'élection de Trump, comme une arme contre le dynamisme de l'économie chinoise et contre le dynamisme de l'économie allemande en Europe.

 

En même temps coexiste le courant d'une bourgeoisie cosmopolite, qui s'est paré d'une rhétorique de gauche. La promotion du "problème grec" par les forces bourgeoises et opportunistes en Grèce comme un "problème Pan-européen" est accompagnée par la position qu'il peut y avoir un changement au niveau national en faveur du peuple, derrière l'alternance de certains gouvernements et personnalités, sans affecter les relations de la propriété sur les moyens de production, le noyau des relations économiques-politiques. Les forces bourgeoises et opportunistes désirent entraver la lutte du peuple pour une autre société, la société socialiste. Elles déclarent mensongèrement que les unes ou autres choses changeront simultanément en Europe ou globalement, ou pas du tout nulle part. La vérité est que les changements commencent dans chaque pays et leurs résultats ont ensuite un impact au niveau régional, continental et global.

 

L'Etat-nation bourgeois reste l'organe de base qui assure la domination économique du capital, des monopoles, la concentration et la centralisation du capital en compétition avec le processus correspondant dans les autres Etats, il reste une importante arène pour la lutte implacable de classe entre le travail et le capital et pour cette raison l'arène fondamentale pour le développement de la lutte de classe. Ceci ne supprime pas du tout le besoin d'une lutte de classe coordonnée au niveau régional, Européen, global.

 

Camarades,

 

Finalement, je désirerai une fois de plus souligner que les contradictions entre impérialistes qui, dans le passé ont conduit à des guerres, locales, régionales et aux guerres mondiales, continuent à diriger et durcir les confrontations économiques, politiques et militaires, indépendamment des changements de la structure et du cadre des objectifs des unions impérialistes, à la fois vieilles ou nouvelles.

 

En tout cas, "la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens", particulièrement dans les conditions d'une crise profonde de la suraccumulation du capital et du changement important dans le rapport des forces du système impérialiste international, dans lequel le repartage des marchés s'effectue rarement sans des effusions de sang.

 

De ce point de vue, nos partis doivent être en état d'être prêts. Le peuple et la jeunesse ne doivent pas verser leur sang pour les intérêts des capitalistes.

 

Aujourd'hui, quand les dangers d'une guerre impérialiste plus généralisée et de conflits qui s'accroissent dans notre vaste région des Balkans au Moyen-Orient, le KKE appelle à la lutte afin que ne se produise pas des changements de frontières, pour la défense des droits souverains, du point de vue des intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires, une chose qui ne peut pas être détachée de la lutte pour le renversement du pouvoir du capital et qui n'a rien à faire avec la défense des plans des uns ou des autres pôles impérialistes, de la rentabilité des uns ou des autres groupes monopolistes.

 

Pour cette raison, la coopération et la lutte commune de nos peuples, l'étroite coopération de nos partis, la définition d'une stratégie révolutionnaire unifiée en Europe et dans tout le monde doit être renforcée, pour le renversement final de la barbarie capitaliste, pour la paix et la prospérité populaire, le socialisme-communisme.

 

 

Source : Solidnet

Traduction de l'anglais par la rédaction du Lien.