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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Référendum en Catalogne : la position du Parti Communiste des Peuples d’Espagne*

Publié le 2 Octobre 2017 par Lien-pads

29 septembre 2017

Ci-des­sous l’ana­lyse pro­po­sée en juin der­nier par nos cama­ra­des de "Comunistas cata­la­nes", du Parti Communiste des Peuples d’Espagne, au sujet du réfé­ren­dum orga­nisé en Catalogne  :
Le Président de la Generalitat (Gouvernement auto­nome cata­lan, NDT) a concré­tisé la date et la ques­tion du réfé­ren­dum sur l’indé­pen­dance de la Catalogne. Face à ceci, nous expri­mons nos réser­ves  :


1. La classe ouvrière ne tire aucun profit du débat sur le type de ges­tion capi­ta­liste ni sur les cadres dans les­quels celle-ci est struc­tu­rée. Ce sont les dif­fé­ren­tes cou­ches de la bour­geoi­sie qui, dans leur lutte per­ma­nente pour la répar­ti­tion des fruits de notre tra­vail, ont un inté­rêt dans cette bataille. Malheureusement, le manque de cons­cience et d’orga­ni­sa­tion de notre classe amène celle-ci à adop­ter des posi­tions étrangères à leurs inté­rêts, qu’elles soient indé­pen­dan­tis­tes ou anti-indé­pen­dan­tis­tes. Aucune de ces deux options ne repré­sente un futur sou­hai­ta­ble pour notre classe. Notre chemin est celui de l’indé­pen­dance de la classe ouvrière.


2. Ce réfé­ren­dum, avec des garan­ties et la pos­si­bi­lité d’appli­quer le résul­tat, ne se pro­duira pas. La recher­che de recoins légaux pour réa­li­ser le réfé­ren­dum est basée sur une illu­sion, celle qu’on vit dans un État démo­cra­ti­que où opère la sépa­ra­tion de pou­voirs. En réa­lité, nous vivons dans un État qui est l’outil de domi­na­tion d’un bloc oli­gar­chi­que-bour­geois et qui main­tient le mono­pole de la vio­lence pour s’assu­rer ses inté­rêts. Les inté­rêts de cette oli­gar­chie parasitaire ne pas­sent pas par le sup­port du pro­ces­sus indé­pen­dan­tiste, donc le pro­ces­sus est voué à l’échec, si cette classe n’est pas déga­gée du pou­voir.


3. La recher­che d’alliés inter­na­tio­naux pour attein­dre l’objec­tif indé­pen­dan­tiste va contre la réa­lité. L’Espagne est un fidèle sou­tien des États au sommet de la chaîne impé­ria­liste, contri­buant à sta­bi­li­ser des allian­ces inter-étatiques comme l’UE ou l’OTAN. Aucun de ces États n’est inté­ressé par l’affaiblissement et la rup­ture de l’Espagne. Il n’existe donc aucune base maté­rielle du sup­port des prin­ci­paux pays occi­den­taux au pro­ces­sus indépendan­tiste.


4. Les prin­ci­pa­les forces gou­ver­ne­men­ta­les (Parti Populaire au gou­ver­ne­ment cen­tral et Junts pel Sí – Ensemble pour le oui en cata­lan, NDT – en Catalogne) ont un grand inté­rêt à main­te­nir vive la confron­ta­tion en termes natio­naux, faci­li­tant ainsi sa ges­tion et la paix sociale. Il est ainsi empê­ché que la classe ouvrière s’orga­nise et lutte pour ses principales préoc­cu­pa­tions comme le chô­mage, la pré­ca­rité, la dis­pa­ri­tion des négo­cia­tions col­lec­ti­ves, les bais­ses des budget des ser­vi­ces sociaux, etc.


5. Nous sommes alors dans un pro­ces­sus qui n’a aucune pos­si­bi­lité de triom­pher, mais qui est vivant grâce à son uti­lité. Communistes Catalans – PCPE appelle la classe ouvrière à ne pas lutter sous un drapeau étranger à elle, ni pour la cause indépendantiste ni, encore moins, contre elle. La seule voie que l’oli­gar­chie nous montre pour appliquer le droit à l’auto­dé­ter­mi­na­tion du peuple de Catalogne passe par l’unité de notre classe avec celle du reste de l’État pour abat­tre le pou­voir établi.


Notre chemin est celui de l’indé­pen­dance de la classe ouvrière !


Comunistas Catalanes - PCPE

* NdR : Le taux de participation n'aurait atteint que 42,3 %, selon les comptes de l’exécutif catalan. En outre, il n' a été "assorti d'aucun des critères garantissant la fiabilité des résultats : listes électorales transparentes, commission électorale indépendante, vote secret" (Le Monde du 2 octobre 2017).

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Répression en Catalogne : Communiqué du PCPE

 

27 septembre 2017


Face à la vague répres­sive enta­mée par le Gouvernement espa­gnol en Catalogne, le Secrétariat Politique du PCPE a fait la décla­ra­tion sui­vante :


La répres­sion exer­cée par le Gouvernement espa­gnol contre les ins­ti­tu­tions cata­la­nes est une agres­sion sans pré­cé­dent dans l’Histoire récente, qui va à l’encontre du dis­cours offi­ciel sur l’inva­li­dité et l’inuti­lité du réfé­ren­dum du 1er octo­bre 2017.


Le choix de la voie répres­sive – comme nous l’avions déjà dénoncé – accroît de façon exponentielle la ten­sion à seu­le­ment quel­ques jours du 1er octo­bre, et fait entrer la lutte poli­ti­que en Catalogne dans une nou­velle étape.


Par son atti­tude, l’État veut mon­trer sa force et sa capa­cité de désa­gré­ger toute trace de contes­ta­tion poli­ti­que interne. C’est à cette orien­ta­tion que répond prin­ci­pa­le­ment la répres­sion contre le réfé­ren­dum : l’État pré­tend mon­trer ouver­te­ment sa force maintenant, pour ensuite être en mesure de pro­po­ser des négo­cia­tions et des pactes depuis une posi­tion ren­for­cée, vou­lant intro­duire dans la cons­cience des masses qu’il n’y a pas de place pour les dis­si­den­ces, ni du point de vue natio­nal ni, encore moins, du point de vue de classe.


L’État, pré­ten­dant se légi­ti­mer en encou­ra­geant le natio­na­lisme espa­gnol, ne fait que ren­for­cer toutes les posi­tions natio­na­lis­tes. L’État favo­rise, par son intran­si­geance, la divi­sion de la majo­rité labo­rieuse ; par ses actes, il jus­ti­fie et légi­time la posi­tion indépendan­tiste, garan­tis­sant ainsi que tout le débat reste à l’écart des ques­tions de classe. De ce fait, la répres­sion étatique est diri­gée, en der­nière ins­tance, contre tout le peuple tra­vailleur, et pas seu­le­ment contre les cadres de la Generalitat (gou­ver­ne­ment cata­lan, NDT) ou contre les indé­pen­dan­tis­tes.


L’idée de la « démo­cra­tie mili­tante » est promue, justi­fiant la répres­sion bru­tale, voire l’inter­dic­tion, contre les pro­po­si­tions poli­ti­ques qui dépas­sent les étroites limi­tes de la cons­ti­tu­tion bour­geoise. Ceci a été fait dans le passé proche et sera fait à nou­veau dans le futur. Aujourd’hui sont visés les indépendantis­tes, mais per­sonne ne peut douter que demain nous, les com­mu­nis­tes, serons à nou­veau la cible de la répres­sion.


Si parmi la majo­rité ouvrière et popu­laire, le nationalisme gagne en force, c’est parce que les commu­nis­tes ont été absents de la scène poli­ti­que pen­dant de nom­breu­ses années. Nous avons été incapa­bles de pro­po­ser une alter­na­tive indé­pen­dante qui mette l’accent sur les ques­tions qui nous rassemblent en tant que classe, et non pas sur celles qui nous sépa­rent par rap­port à la cons­cience nationale. C’est pour cela que la classe ouvrière est pri­son­nière de l’idéo­lo­gie domi­nante, c’est pour cela que la défense des aspi­ra­tions natio­na­les du peuple cata­lan est diri­gée par des forces bour­geoi­ses et que la classe ouvrière espa­gnole se laisse entraî­ner par un gouvernement bour­geois qui ne com­prend que le langage de la vio­lence et la répres­sion. Pour toutes ces rai­sons, il est d’autant plus néces­saire que les com­mu­nis­tes cla­ri­fient publi­que­ment leurs posi­tions.


Ceux qui sont à la tête du mou­ve­ment indépendantiste en Catalogne, depuis les posi­tions bour­geoi­ses, sont confron­tés à un grand dilemme : le res­pect ou non des lois qui assu­rent leur posi­tion de domi­na­tion face aux clas­ses exploi­tées, mais qui en même temps empê­chent le déve­lop­pe­ment du cadre poli­ti­que qu’ils consi­dè­rent idéal pour conti­nuer cette exploi­ta­tion dans les meilleu­res condi­tions. La bourgeoi­sie n’est plus une classe révo­lu­tion­naire depuis long­temps. C’est pour cela qu’elle n’est pas dis­po­sée à arri­ver jusqu’aux der­niè­res consé­quen­ces de ses actes sauf quand, de façon réac­tion­naire, cela empê­che l’avan­cée des posi­tions de la classe ouvrière. Face au dilemme : rester dans l’État espagnol ou ouvrir la porte à un pro­ces­sus qui entraîne­rait une véri­ta­ble rup­ture et dans lequel elle pour­rait perdre le contrôle de la situa­tion, la bourgeoisie opte tou­jours pour le pre­mier choix, tentant de l’adap­ter au mieux de ses inté­rêts.


C’est tou­jours le peuple tra­vailleur qui, en der­nière ins­tance, souf­fre de la répres­sion. Les orga­nis­mes poli­ciers, sous l’un ou l’autre dra­peau, ont réprimé dure­ment tra­vailleurs et tra­vailleu­ses, étudiants, grévis­tes et tout ce qui a mis en cause le capi­ta­lisme et ses consé­quen­ces. Tous les gou­ver­ne­ments bourgeois ont limité nos droits et liber­tés. Il s’agit de gou­ver­ne­ments qui agis­sent contre les tra­vailleurs et tra­vailleu­ses, contre les exploi­tés et exploi­tées, mais qui aspi­rent à ce qu’on les suive aveu­gle­ment. Ils nous entraî­nent dans des impas­ses, nous offrent de faux espoirs pour finir par char­ger sur nos épaules les pires consé­quen­ces de leur modèle économique et social, le capi­ta­lisme.


En tant que tra­vailleurs et tra­vailleu­ses, en tant que com­mu­nis­tes, nous connais­sons bien ce qu’est la répres­sion. Nous savons ce qui se passe dans les piquets de grève, dans les mani­fes­ta­tions, ce qu’on peut voir tous les jours sur les lieux de tra­vail.


Combattre la répres­sion est dans notre ADN, c’est pour cela que nous condam­nons fer­me­ment toute mesure répres­sive qui, diri­gée aujourd’hui contre d’autres forces poli­ti­ques, sera fina­le­ment diri­gée contre les orga­ni­sa­tions ouvriè­res et popu­lai­res, contre les forces qui sont le véri­ta­ble moteur des trans­for­ma­tions socia­les. Nous le fai­sons comme nous l’avons fait par le passé, quand des représentants indé­pen­dan­tis­tes étaient arrê­tés dans d’autres ter­ri­toi­res. La dif­fé­rence dans nos objec­tifs n’empê­che pas qu’aujourd’hui, face à la répres­sion, ils soient des nôtres.


Nous appe­lons à par­ti­ci­per aux mobi­li­sa­tions contre la répres­sion, et à incor­po­rer plei­ne­ment la lutte de clas­ses, les reven­di­ca­tions de notre classe, à la lutte démo­cra­ti­que. Elles doi­vent néces­sai­re­ment être unies pour donner tout son sens à la mobi­li­sa­tion ouvrière et popu­laire.

Vive la classe ouvrière de Catalogne ! Vive la lutte de la classe ouvrière !

21 sep­tem­bre 2017 -  Secrétariat Politique du PCPE