Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Après la proclamation des résultats des élections législatives du 10 mai 2012

Publié le 15 Mai 2012 par Lien-pads in 1- ALGERIE - Politique

Se mobiliser, s'organiser et s'unir pour les revendications sociales et politiques des travailleurs 

Pour contrer les impérialistes

 

Les résultats définitifs des élections législatives du 10 mai proclamés par le Conseil Constitutionnel traduisent un divorce flagrant entre le régime et les aspirations sociales et politiques de l'écrasante majorité des citoyens.

 

Le taux de participation officiellement proclamé a à peine dépassé les 43%. Même si on ne peut exclure les manipulations traditionnellement opérées par les autorités pour masquer l'ampleur de la désaffection populaire et favoriser les partis du gouvernement aux dépens d'autres, ce taux est très bas. Si l'on tient compte des 1,7 millions de bulletins nuls, le taux des suffrages exprimés n'est que de 35,2%.

 

Autrement dit, en livrant ces chiffres, le régime reconnaît qu'il est nettement rejeté par 2 citoyens sur 3. De plus, de très nombreux citoyens ont voté pour d'autres partis que ceux de la coalition au pouvoir et pour d'autres partis que les partis qui se camouflent sous l'Islam. Ils ont voté à l'aveuglette parmi les dizaines de faux partis créés à la hâte par le pouvoir ces deux derniers mois. Ce vote au "hasard" est aussi une des nombreuses manifestations de rejet.

 

En définitive les deux principaux partis de la coalition présidentielle - Front de Libération Nationale et Rassemblement National Démocratique - n'ont obtenu ensemble que 1 million 848 000 voix sur un total de 9 millions 340 000 votants, soit 19, 7% de ces votants. Rapporté au nombre d'électeurs inscrits ( 21,6 millions) ce taux est encore plus bas: 8,5%. Ils ne sont soutenus que par un citoyen sur douze!

 

Les autorités ont mis en place un système de répartition des voix exprimées injuste jusqu'à la grossièreté. C'est un système de truquage "scientifique" qui projette une image à l'envers du poids réel des formations en lice. Ainsi le FLN obtient à lui seul 221 sièges à l'APN. Malgré sa faible représentativité le duo FLN-RND s'adjuge 291 sièges sur les 462 "mis en jeu", soit 63% du total. 

 

 

Les divers partis agréés ( "Algérie verte", "Addala", "Front du Changement") qui font de l'Islam un paravent idéologique pour tromper les travailleurs sortent défaits. Ils ont ramassé ensemble moins de 882 000 voix, soit 9,4% des suffrages exprimés. Ils crient à la fraude parce que les "pronostics" de l'ambassade US n'ont pas été confirmés. Le fait que les rêves de conquête du pouvoir de ces partis soient déçus reflète l'aspiration de larges secteurs abstentionnistes à ne pas confier le pays aux forces les plus réactionnaires ni à ouvrir la voie à des interventions extérieures dans la foulée du prétendu "printemps arabe" et de la "vague verte". Il ne faut pas en tirer la conclusion fausse que les franges ultra réactionnaires de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie qui utilisent l'Islam pour tromper le peuple ont perdu toute influence. Le gros de leurs troupes agit dans la clandestinité et a appelé au boycott. Leur influence persistante ne doit pas être sous-estimée. A preuve le régime a fait des concessions à leur idéologie rétrograde dans les amendements qu'il a introduits l'an dernier dans les lois sur les partis, les associations et l'information.

 

Les "vainqueurs" de ces élections ont tort de faire la fête

 

Leur régime ne tient en place que parce que la redistribution des ressources pétrolières lui permet de neutraliser la révolte qui couve.


Il est clair que ses appuis se limitent essentiellement aux couches sociales qui profitent le plus ou à divers degrés du pillage des ressources du pays et de l'exploitation des travailleurs. Un certain nombre de citoyens qui ne font pas partie des privilégiés de ce système de pillage et d'exploitation ont certes voté pour eux. Mais ils ne l'ont fait que pour écarter le risque d'ingérences étrangères en pensant à tort que ce régime est capable de résister aux prétentions des puissances impérialistes à dicter leurs volontés à l'Algérie.

 

Les puissances impérialistes jubilent. Elles font le constat que grâce à un régime aussi décrié l'Algérie devient une proie facile pour l'exécution de leurs plans de domination. Par la voix des représentants de l'Union européenne et de leurs porte-parole, les puissances impérialistes ont exprimé leur "satisfaction". Elle est assortie cependant de petites phrases qui sont des rappels à mots couverts sur les promesses que le régime leur a faites dans le secret et dans le dos du peuple. Les "observateurs" de l'Union européenne parlent de "premiers pas" qui doivent être suivis par d'autres.

Lesquels? Les USA félicitent le régime pour sa "transparence" dans le déroulement de cette élection. En fait ils le "félicitent" pour avoir fourni les chiffres qui démontrent publiquement qu'il n'est pas représentatif des aspirations de la majorité des citoyens. Il est clair qu'ils signifient de la sorte à nos gouvernants qu'ils sont en "liberté surveillée", qu'ils attendent d'eux la concrétisation des engagements secrets pris lors des rencontres des officiels algériens avec Hillary Clinton ou avec le commandant de l'Africom.

 

Quand les USA tirent prétexte de l'importance de l'Algérie dans la lutte contre le terrorisme, il faut comprendre par là qu'ils sont impatients d'obtenir l'autorisation d'installer des bases militaires. De même, lorsqu'ils font semblant de flatter un orgueil national mal placé («Avec sa taille géographique, ses richesses et sa population instruite, l’Algérie est un leader naturel dans la région et au-delà de cette région», propos à l'APS de Raymond Maxwell, sous-secrétaire d’Etat adjoint américain pour le Maghreb, au département d’Etat), ils ne cachent pas leur volonté d'accentuer leurs pressions pour pousser le régime à jouer le rôle de harki de l'impérialisme dans la région et en Afrique.

 

Ces résultats ont démontré de façon claire que l'abstentionnisme et les appels au boycott, comme tactique de lutte, n'ont pas gêné le régime. Ils ont juste servi à paralyser les luttes démocratiques de masse.

 

Dans tous les cas le régime va tenter de poursuivre sa politique de mépris, de verrouillage. Il maintiendra le cap sur la politique d'enrichissement des exploiteurs et des classes parasitaires et des multinationales, de paupérisation des travailleurs, de répression de leurs luttes pour de meilleurs salaires et la dignité. Il faut s'attendre dans les mois prochains à une offensive des courants les plus réactionnaires et les plus antinationaux du régime contre le système des retraites, le droit de grève, le contenu des conventions collectives ( primes et indemnités, part de bénéfices), pour la levée totale des dernières entraves au libre pillage du pays par les multinationales et la bourgeoisie "locale": sortie des capitaux et liberté de change, etc. Des attaques sont en cours de préparation pour "épurer" le Code du travail des "vestiges du socialisme".

 

Mais dans tous les cas aussi sa faiblesse étalée au grand jour doit encourager les travailleurs à mener des actions énergiques pour la satisfaction de leurs revendications sociales et politiques.

 

Il existe un grand réservoir de lutte et de combativité des masses. Les travailleurs doivent renforcer leur luttes organisées et coordonnées pour arracher l'amélioration de leurs condition de vie, les libertés politiques et syndicales.

 

Face à la nouvelle offensive antiouvrière en préparation, les travailleurs doivent se battre en renforçant leur unité, en créant des syndicats de classe indépendants, en se battant pied à pied pour le travail, le pain et la dignité, en rejoignant leur parti de classe, le parti des communistes algériens.

 

Pour mettre en échec l'offensive impérialiste prévisible, la classe ouvrière et ses alliés doivent se mobiliser pour prendre la tête de la résistance aux manoeuvres et complots des puissances impérialistes et de leurs valets locaux en vue de s'emparer des ressources en hydrocarbures du pays, de piller ses richesses, de fomenter la désunion entre les victimes de l'exploitation et de la domination impérialistes. Il faut intensifier la lutte politique et idéologique pour que les travailleurs ne tombent pas dans le piège des mensonges et des promesses démagogiques des forces ultra réactionnaires. Ces forces tenteront d'exploiter le désaveu infligé au régime pour se présenter comme des forces porteuses d'alternative à l'impasse politique actuelle.

 

 

PADS 20 mai 2012