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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Intervention du représentant du PADS à la 13ème Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers

Publié le 11 Décembre 2011 par lien-pads in 12- RENCONTRES DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

Nous publions ci-dessous l'intervention du représentant du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme  à la 13ème Rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers  qui s'est déroulée à Athènes du 9 au 11 décembre 2011:

 

Chers camarades

 

Nous remercions nos camarades du Parti communiste de Grèce pour l'organisation de cette rencontre internationale. Cette rencontre se tient dans un pays que les peuples du monde entier ont appris à connaître et à aimer non pour son seul apport historique indéniable dans la civilisation universelle, mais surtout pour la mobilisation extraordinaire de sa classe ouvrière, de sa jeunesse, de sa paysannerie, contre les plans économique et antipopulaires de la ploutocratie grecque et européenne. Nous les remercions pour tous les sacrifices qu'ils consentent pour nous aider à nous rencontrer et à nous concerter alors que ce sont eux qui ont en ce moment le plus besoin de notre soutien matériel dans la lutte contre le capitalisme.

 

La crise dans laquelle se débat le système capitaliste depuis 2007 s'aggrave de jour en jour. Elle inflige un démenti cinglant aux cris de joie que la bourgeoisie avait poussés il y a vingt ans sur la prétendue supériorité du capitalisme et sur sa victoire soi-disant nette et définitive sur le communisme.

Cette crise traduit des contradictions inconciliables, dans chaque pays et à l'échelle internationale, entre les intérêts des travailleurs et des peuples et ceux d'une poignée d'oligarques du complexe capitaliste monopoliste d'Etat financier, industriel, militaire et médiatique. Elle exprime le blocage du développement des forces productives dans les pays impérialistes par suite de l'appauvrissement de la classe ouvrière, des couches populaires ainsi que de larges franges dans les couches moyennes, de la création d'une situation de suraccumulation de capitaux. Cette situation (de suraccumulation de capitaux) résulte de l'ensemble des mesures prises depuis plus de 30 ans pour rehausser le taux de profit des groupes monopolistes: baisse de la fiscalité sur les plus riches et extension des paradis fiscaux, endettement des Etats auprès de ces mêmes oligarchies, compression du pouvoir d'achat et précarisation de la condition des travailleurs, délocalisations et destruction des emplois industriels, développement des pratiques spéculatives du capital financier. Les déséquilibres des balances commerciales et les déficits des budgets étatiques, conséquences de ces destructions et de l'exportation des capitaux, accentuent la crise du système capitaliste. Ces conséquences exacerbent les contradictions inter impérialistes, les désaccords et les divergences sur les solutions à la crise. Chaque Etat impérialiste et à l'intérieur de chacun de ses Etats, chaque groupe de capitalistes monopoleurs tente de sauver sa tête aux dépens de ses rivaux.

Cette crise n'est pas une simple crise d'endettement des Etats, qui pourrait trouver une issue grâce à des arrangements ou des compromis financiers techniques internationaux entre Etats disposant d'importants avoirs extérieurs et Etats endettés.


La crise est celle des fondements du système capitaliste. A sa base il y a une contradiction entre le niveau des forces productives et le freinage ou même la régression de la demande solvable à l'échelle de toute la planète  dans le cadre de la mondialisation impérialiste. Les politiques d'austérité et de rigueur mises en application par un nombre croissant de grands pays capitalistes pour accroître les surprofits de la bourgeoisie monopoliste ne feront qu'aggraver la crise.

La crise actuelle rend plus agressives les oligarchies impérialistes. Elles ne reculent devant aucun moyen pour établir ou maintenir leur domination sur la planète entière.

Les oligarchies impérialistes sont prêtes à mettre le feu partout, à bombarder les peuples, à assassiner leurs dirigeants, à détruire les infrastructures à l'aide de leur technologie militaire de pointe. Elles n'hésitent pas à réduire à la faim et à la soif les peuples, à raser des villes entières pour terroriser les insoumis, tuer dans l'oeuf toute rébellion, dans les nations économiquement dominés, de chefs d'Etat attachés à la défense de la souveraineté de leur pays, même s'ils sont des partisans du capitalisme et tentent de préserver leur pouvoir en faisant des concessions aux impérialistes. Tout cela sous le paravent hypocrite de la démocratie, des droits de l'homme et de la protection des civils.


Elles sont unies pour écraser les peuples qui leur résistent. Mais elles se divisent dans un combat féroce des unes contre les autres pour le partage et le repartage du monde en vue d'amasser des super profits, les unes aux dépens des autres.


La profondeur de la crise actuelle rend ces oligarchies plus dangereuses mais en même temps accélère l'accumulation des prémisses d'un nouveau grand mouvement révolutionnaire mondial. Les mesures économiques et sociales d'austérité et de rigueur, les méthodes autoritaires utilisées par les USA ou l'Union européenne, les campagnes de criminalisation non seulement du communisme mais de tout mouvement de progrès, créent une ligne de confrontation de plus en plus directe et violente entre une minorité d'oligarques et un vaste ensemble comprenant la classe ouvrière, les salariés et d'importants secteurs dans les couches intermédiaires et des fractions des couches moyennes qui ont soutenu jusque-là le capitalisme.

Les conciliateurs sociaux-démocrates sont de plus en plus discrédités. Leur programme ne promet désormais aucune amélioration matérielle. Il consiste à faire accepter les plans de sauvetage du capitalisme par les travailleurs sous la promesse ridicule d'appliquer l'austérité aux magnats de la haute finance.


La crise met à l'ordre du jour la question de la préparation politique, idéologique, organisationnelle, dans les luttes de classes quotidiennes, de la révolution socialiste, de l'avènement du pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés dans les autres classes laborieuses, de l'expropriation de la grande bourgeoisie.


La situation qui se dessine confirme la validité de la thèse léniniste du maillon faible de la chaîne impérialiste et de la possibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays ou dans un groupe pays. Mais comme l'enseigne Lénine dans sa définition de la situation révolutionnaire, les conditions matérielles ne suffisent pas pour en finir avec l'ordre capitaliste de plus en plus révolu. Le facteur subjectif est décisif. La fermeté dans les luttes pour réunir les conditions politiques et organiques de cet objectif est indispensable pour conduire la classe ouvrière à accomplir sa mission historique. Les communistes sont appelés à combattre de toutes leurs forces la propagande des idéologues de la bourgeoisie, de ses assistants sociaux-démocrates, des mouvements trotskystes, selon lesquels la force de frappe de l'impérialisme et l'interdépendance économique ne permettent aucune rupture immédiate avec le capitalisme.

Nous tenons à saluer chaleureusement les luttes menées de façon opiniâtre par nos camarades de Grèce. Ils ont montré que l'action organisée par le parti de la classe ouvrière, un parti guidée par les principes du marxisme-léninisme, son refus de se plier au diktat de la ploutocratie même dans un petit pays, dont la part dans la production et dans la dette de l'Union européenne est faible, cette combativité admirable a provoqué une onde de choc dans toute l'Union européenne, une onde de choc qui fait trembler tout l'édifice de ce bloc impérialiste, qui secoue toute la chaîne impérialiste mondiale, qui encourage les peuples du monde entier à refuser la loi des oligarchies impérialistes.


Que cet exemple stimule la lutte des communistes dans tous les pays capitalistes et notamment dans les plus développés d'entre eux, pour travailler à remettre à l'ordre du jour la tâche historique de la révolution socialiste!

 

 

Chers camarades

 

La crise qui secoue le monde capitaliste a aggravé les conditions de vie des travailleurs, de la paysannerie pauvre, de la jeunesse marginalisée, dans tous les pays arabes qui subissent de plein fouet la flambée des prix des produits alimentaires importés y compris dans les pays qui disposent de recettes pétrolières importantes.


Cette crise sociale a favorisé l'explosion de la colère des classes laborieuses longtemps réprimées. Elle a accéléré le développement des mouvements de masse pour arracher les libertés démocratiques.


Les Etats impérialistes font tout pour empêcher la transformation de ces révoltes en révolution démocratique populaire, c'est-à-dire en processus de transformations économiques et sociales profondes qui s'attaqueraient à la mainmise des multinationales, défendraient l'indépendance et la souveraineté, lanceraient une stratégie de développement nationale progressiste, suivraient une politique de solidarité avec les peuples en lutte contre la domination impérialiste, soutiendraient la cause palestinienne et rompraient leurs relations avec Israël. Dans tous les pays arabo-musulmans ou à majorité musulmane, les Etats impérialistes nouent des alliances stratégiques avec les mouvements islamistes, c'est-à-dire des mouvements féodaux, bourgeois ou petits-bourgeois réactionnaires qui manipulent la religion pour tromper le peuple et le détourner de la lutte de classe anti-capitaliste et anti impérialiste. Ils les utilisent soit pour endiguer le mouvement populaire là où les régimes sont à leurs bottes. Dans ce cas leur but est de maintenir en place la dictature des couches compradores sous un vernis islamique avec la promesse mensongère de réaliser une justice sociale dite islamique qui ne s'attaque pas en réalité à la grande propriété privée et ne menace pas les positions du capital étranger. Ainsi les dirigeants des Partis dits islamistes qui viennent de remporter des succès électoraux  en Tunisie et en Egypte déclarent ouvertement qu’ils collaboreront avec les puissances impérialistes en accordant les avantages qu’elles exigent pour leurs sociétés qui pillent les richesses de ces deux pays.

Soit ou au contraire pour orienter le mécontentement populaire contre les régimes qui refusent de se soumettre à leur diktat.


Grâce à l'argent que les monarchies théocratiques réactionnaires du Golfe leur ont donné depuis des dizaines d'années, grâce aussi à la complicité et à la dictature anti ouvrière de la bourgeoisie qui utilise les islamistes contre les communistes et les progressistes, les mouvements islamistes trompent de larges catégories de la population et de la jeunesse politiquement inexpérimentées. La tâche des communistes est de travailler dans les luttes politiques et sociales sur la base des intérêts de classe des travailleurs et des couches laborieuses et de leur expérience pour dévoiler les véritables objectifs de classe anti ouvriers et antipopulaires des chefs et animateurs des mouvements islamistes. Ce travail doit permettre d'ouvrir les yeux des jeunes et des travailleurs trompés, d'arracher les plus sincères d'entre eux à l'influence des islamistes réactionnaires inféodés à l'impérialisme.

La question qui se pose, en Algérie y compris, est celle de l'alternative : régimes démocratiques populaires anti impérialistes de progrès ou régimes réactionnaires antinationaux, vassaux de l'impérialisme derrière une démocratie de façade ou sous coloration islamique? Quels que soient les rythmes et les formes nationales particulières des processus en cours, il n'existe pas de moyen terme.

 

Chers camarades,

Les luttes politiques et sociales se sont intensifiées ces derniers mois en Algérie. Les classes populaires veulent que les revenus pétroliers servent à améliorer leur condition de vie et ne soient plus monopolisés par une minorité oligarchique qui a accaparé les ressources du pays depuis le lancement des "réformes" et ajustements structurels dans les années 1990. Des fractions importantes dans les appareils d'Etat, la bourgeoisie et les couches moyennes, y compris des partis bourgeois ou sociaux-démocrates dits d'opposition, sont effrayées par ces luttes. Elles sont disposées à pactiser complètement avec l'impérialisme, à céder à toutes ses exigences, à se transformer en supplétifs de la domination de l'impérialisme en contre partie de la garantie d'avantages matériels et politiques mesquins pour elles et de protections contre le mouvement populaire.

Des pressions sont exercées par les puissances impérialistes, USA, France, notamment, pour prendre pied au Sahara sous couvert de lutte "contre le terrorisme" dans la région du Sahel. Avec le renversement par l'OTAN du régime libyen d'El Kadhafi la situation est devenue plus dangereuse pour les derniers espaces d'indépendance du pays et pour les intérêts des masses laborieuses. Les buts de l'impérialisme sont de pousser le régime à dénationaliser les hydrocarbures, achever la liquidation totale des derniers dispositifs de protection de l'économie nationale, lever toutes les entraves à la liberté absolue de circulation des capitaux et au rapatriement sans contrôle ni condition des profits, mettre à sa totale disposition les ressources des banques publiques, ouvrir aux multinationales le capital des entreprises publiques qui contrôlent les secteurs garantissant de gros profits, électricité, gaz, eau, etc.


Face à ces menaces, à la perspective de l'aggravation de la crise du capitalisme et de la chute des recettes des hydrocarbures que cette aggravation va provoquer, l'inquiétude gagne les masses populaires et de larges secteurs dans les couches moyennes. Les possibilités de mobilisation grandissent malgré le verrouillage de la vie politique.

Les communistes algériens considèrent que leur priorité dans la reconstruction de leur parti est de s'implanter dans la classe ouvrière, notamment dans les grandes concentrations ouvrières, dans la petite paysannerie, dans la jeunesse marginalisée par l'exploitation capitaliste et le gaspillage des ressources nationales. Leur mot d'ordre de l'étape actuelle est l'instauration d'un Etat démocratique populaire de progrès qui exprime les intérêts de la classe ouvrière et des couches laborieuses, renationalise les grands moyens de production et d'échange, limite la propriété foncière, contrôle le commerce extérieur, relance une politique de développement industrielle et agricole, soutient les mouvements anticolonialistes et anti impérialistes, un Etat qui réalise des transformations profondes ouvrant la voie au socialisme.


L'expérience du mouvement communiste algérien depuis les années 1920 enseigne qu'il a toujours réussi à créer autour de lui de vastes regroupements de masse, à travers les luttes qu'il a impulsées au sein des travailleurs, des paysans, des jeunes, des intellectuels, quand il est offensif dans la réalisation des tâches mises à l'ordre du jour par le développement historique et agit de façon indépendante en refusant de se lier les mains par des accords au sommet avec d'autres partis, soi-disant dictés par les impératifs de "l'unité la plus large". Il se renforce quand il défend ouvertement ses buts révolutionnaires. Il s'affaiblit, perd l'initiative et se coupe des travailleurs quand il renonce à son indépendance politique et idéologique et abandonne ces buts historiques.

L'avant-garde des communistes algériens qui s'est organisée dans le PADS oeuvre sans concession pour s'implanter dans la classe ouvrière, construire un grand parti révolutionnaire capable de l'orienter et de la préparer à jouer un rôle moteur et dirigeant dans les transformations révolutionnaires de la nouvelle étape actuelle. Elle ne se laissera pas détourner de cette grande tâche par les divers courants réformistes issus de l'ancien PAGS qui prétendent que le communisme n'est qu'une "utopie féconde" et que la tâche prioritaire n'est pas de reconstruire le parti communiste guidé par les principes du marxisme-léninisme mais de rassembler "large", de jeter les bases d'un "grand parti de gauche" sans préalables idéologiques, autour d'une simple plate-forme de revendications sociales et politiques générales, soi-disant immédiates.


Les travailleurs et les classes laborieuses sont confrontées à des ingérences multiples croissantes des puissances impérialistes pour les ramener à la misère et l'oppression d'avant l'indépendance, pour transformer l'Algérie en place forte chargée de surveiller les peuples de la région. Dans ce contexte dangereux, seul un parti communiste armé par la théorie scientifique du marxisme-léninisme peut aider les masses populaires à résister de façon organisée et résolue à l'impérialisme en brisant les complots de ses alliés intérieurs, dans la bourgeoisie et les couches moyennes qui n'hésiteront pas, par intérêt de classe, à trahir les intérêts généraux du pays.

 

Vive la solidarité internationaliste prolétarienne !

 

Vice le parti communiste de Grèce !