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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

La politique économique suivie par le régime depuis trente ans est la cause des affrontements tribaux sanglants de Bordj Badji Mokhtar

Publié le 10 Octobre 2013 par Lien-pads in 2- ALGERIE - Economique

 

 

 

Dans cette petite ville saharienne, située à 20 km de la frontière algéro-malienne, des centaines de jeunes se sont affrontés, à la mi-août, à coup de couteaux, de pierres, de sabres, de bâtons et de barres de fer. Les affrontements ont opposé durant plusieurs jours des gens étiquetés comme Targuis ou Arabes. Ils se sont soldés par un bilan tragique: une dizaine de morts, des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations. De nombreux locaux commerciaux et de maisons ont été saccagés, vandalisés ou incendiés. Un climat de haine, de peur et de méfiance déchire subitement la population. Les risques de divisions insurmontables sur des bases "ethniques" sont sérieux. Une grande partie de la population a tenté de s'interposer entre les groupes en conflit. Sans cela les conséquences auraient été certainement plus lourdes. Mais elle n'a pas pu empêcher la violence inouïes de groupes visiblement organisés et appuyés par des individus accourus à bord de véhicules 4X4.


Les incidents ont été déclenchés par la mort d'un jeune dans des circonstances difficiles à déterminer mais ressenties comme une action vindicative d'origine raciste.

 

 

Il ne fait cependant pas de doute que les causes profondes de cette déflagration sont à rechercher dans les conséquences incalculables de l'abandon, depuis plus de 30 ans, de toute politique de développement économique, de l'aggravation des inégalités sociales, du pillage des richesses du pays par une bourgeoisie aux appétits insatiables et des intrigues subversives de l'impérialisme français notamment qui s'est créé un réseau d'agents actifs dans les mouvements azawed séparatistes du Mali.

 

 

Une situation explosive que n'importe quel apprenti-sorcier peut exploiter

 

C'est le produit de la misère, du chômage, du désespoir de la majorité des jeunes. Cela est d'autant plus vrai que ceux qui se sont enrichis par des moyens illicites, corruption, vol des biens de la Nation, et qui occupent des positions dominantes, ont intérêt à attiser les conflits tribaux pour diviser les masses marginalisées, perpétuer leurs privilèges et leur mainmise sur les appareils d’État.

 

Bordj Badji Mokhtar, comme de très nombreux villes ou villages et les zones rurales du nord ou du Sahara, n'échappe pas aux conséquences de la politique économique et sociale imposée par une minorité assoiffée de richesses, par une bourgeoisie qui ne peut sacrifier ses intérêts égoïstes de classe et réfléchir en partant des intérêts de tous. De nombreux jeunes formés et notamment des universitaires ne trouvent pas de travail parce que ceux qui ont le pouvoir de décision refusent de créer des entreprises publiques.

 

Depuis plus de 20 ans, depuis que les "réformes" ont été introduites avec l'appui du FMI, le régime ne cesse de clamer que l’État ne doit plus s'engager dans les secteurs de la production. Il continue avec obstination à faire croire que le développement va venir des forces du marché. Il gave à coup de milliards de dinars les "opérateurs", terme utilisé pour ne pas dire capitalistes. Mais aucun résultat sérieux n'a encore été décelé dans la croissance de la production des biens matériels, ni dans la création d'emplois durables et dignes. Seuls sont visibles les signes de la richesse insultante d'une minorité de nouveaux bourgeois et la hausse vertigineuse des importations.

 

A Bordj Badji Mokhtar, comme dans d'innombrables localités du pays, de nombreux habitants tentent de vivoter grâce à la contre-bande de marchandises subventionnées avec les populations des pays voisins. Les trafiquants de drogue prolifèrent.

 

La gravité des événements qui ont ensanglanté la petite ville de Bordj Badji Mokhtar est préoccupante.

 

Abandonnée à son sort, cette petite ville frontalière a été livrée à l'influence des événements et des manipulations extérieures. Les mouvements qui se disputent le contrôle du nord du Mali tentent d'entraîner la jeunesse des régions sahariennes de l'Algérie dans les plans de déstabilisation échafaudés par l'impérialisme français. Celui-ci n'a jamais perdu l'espoir de réussir à reconquérir les régions qui renferment de grandes richesses naturelles. Ce n'est pas parce que Bordj Badji Mokhtar est loin des zones actuelles de production de gaz et de pétrole que les puissances impérialistes s'en désintéresseraient. Toute localité qui peut être transformée en foyer de tension et de division favorise l'exécution de ces plans. Ceux qui nient l'existence et la réalité de ces plans soit font son jeu inconsciemment, soit sont enrégimentés dans des groupes antinationaux qui exploitent la situation dans des actions localisées préparant des opérations de grande envergure le moment jugé le plus propice.

 

Les classes parasitaires et exploiteuses au pouvoir font le jeu de la stratégie impérialiste et créent par leur politique économique et leur autoritarisme antipopulaire les conditions les plus favorables aux menées néo-colonialistes sournoises ou déclarées.

 

Article dans le Lien n°112 - septembre 2013. Cliquez ici