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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Le quotidien "Morning Star" et la situation en Grèce

Publié le 23 Janvier 2015 par Lien-pads in 9- INTERNATIONAL - Europe

Suite à un article du quotidien britannique "Morning Star" sur les élections en Grèce, la section des relations internationales du Parti communiste de grèce a publié le texte suivant qui a été présenté sur le site de solidnet en langue anglaise:

 

 

Le 17 janvier le "Morning Star" a publié un article sur les développements en Grèce et les perspectives de l'élection d'un gouvernement de SYRIZA ("Athènes se tient au bord de sa libération" de Kevin Ovenden) .

 

Le journaliste peint une image de la situation de nos jours  en Grèce 

qui n'a rien à voir avec la réalité et qui induit en erreur les lecteurs de l'article. Particulièrement, que SYRIZA appartient à la "Gauche radicale" et que l'élection imminente du gouvernement  SYRIZA marque une rupture avec l'ordre européen. En effet, il a tenté de décrire SYRIZA comme la continuation historique des luttes titanesques du mouvement communiste en Grèce au 20 ème siècle. C'est une approche anti-historique et quoique une analyse de ces questions dépasse la portée de notre article, nous désirons simplement noter par exemple que l'EAM, ELAS et le DSE sont entrés dans de féroces confrontations avec les occupants fascistes, les impérialismes US et Britannique et l'ennemi de classe en Grèce, en payant le prix avec des milliers de morts, des années de persécution, de torture et d'exil, ce qui est en opposition avec tout ceci, tandis que le Président et les dirigeants officiels de SYRIZA sont fêtés dans les châteaux de la ploutocratie, du FMI, au Texas, à la rencontre du groupe Bilderberg d'Italie (le Forum Ambrosetti) au lac de Côme, à la Cité de Londres et ils fournissent des assurances et il déclarent à voix haute que l'appartenance de notre pays à l'UE et à l'OTAN n'est pas contestable.

Le coeur de la question est que nous ne pouvons pas nous limiter à l'appellation d'un parti et la manière dont il se présente lui-même "Aile gauche", "Anti-austérité" quand nous voulons examiner son caractère. Nous devons aller plus au fond et nous devons identifier la direction stratégique-programmatique et examiner comment il agit et ainsi nous pouvons arriver à la vérité.

 

Et dans la réalité SYRIZA accepte la stratégie de l'UE et du capitalisme. Il a émergé comme le nouveau parti social-démocrate à la place du PASOK. Il est devenu le nouveau pôle dans le système des deux pôles du système politique bourgeois. Et cela peut être démontré sur la base d'une abondante et concrète évidence, présentée  ci-dessous.

 

C'est certain, cela ne signifie pas que les deux partis (ND-SYRIZA) n'ont pas des différences. Simplement leurs différences expriment des différences à l'intérieur des pays de la zone euro et parmi les sections des groupes financiers, de la classe bourgeoise et des hommes d'affaires. L'un des points de vue, qui prévaut actuellement dans la commission, les discours de l'UE et de l'Allemagne au sujet d'une ligne politique "restrictive", la continuation des mesures d'austérité, de sorte que chaque pays puisse sortir de la phase de crise et ainsi la zone euro dans son ensemble ne sombrera pas dans la crise. Il y a aussi un autre point de vue qui s'exprime au sujet d'une ligne politique "expansive", comme le font le FMI et Draghi de la Banque centrale Européenne(BCE). Ils disent que l'argent  existant doit être fourni aux hommes d'affaires dans le but que les économies capitalistes commencent à se développer à nouveau. C'est l'essence du débat qui n'a rien à voir avec les intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires. Son absence de différences stratégiques avec le ND vient de cela et est exprimé, en tout cas, par la composition de ces listes électorales qui comprennent plusieurs personnages du PASOK et d'autres partis "pro-mémorandum". Nous mentionnerons seulement quelques exemples caractéristiques - le Professeur Konstantinos Tsoukalas, principal théoricien du PASOK de l'ère de Smitis, Theodora Tzakri, un ancien Ministre du PASOK qui a voté pour tous les trois mémorandum, Nikos Toskas, l'actuel Ministre de la Défense du PASOK, chef de staff dans la période de 2009 à 2011.

 

SYRIZA a abandonné sa démagogie radicale, particulièrement en relation avec l'UE et l'appartenance de la Grèce dans cette union entre Etats impérialistes. Son Président A.Tsipras l'a fait clairement dans des déclarations répétées qu'un gouvernement de SYRIZA restera à l'intérieur de cet édifice anti-peuple - "la Grèce a certaines obligations institutionnelles en tant que membre égal de l'UE, nos obligations sont d'accomplir les buts fiscaux (...). Nous avons une obligation institutionnelle pour avoir des budgets en équilibre (...) nous devons observer les traités fondateurs de l'UE, c'est une obligation absolue". Aucun commentaire n'est requis, mais nous devons garder en mémoire que ces obligations institutionnelles sont liées aussi aux pensions, à la protection de la santé, à l'éducation, à la politique étrangère, à l'immigration etc..

 

A.Tsipras est très clair sur la question de l'appartenance de la Grèce à l'OTAN :" Notre pays est engagé dans le cadre institutionnel et dans les accords liés à l'OTAN". En conséquence, un gouvernement de SYRIZA continuera de mettre à la disposition des missions de l'OTAN des frégates dans l'Océan indien et ailleurs. Notre pays continuera d'être impliqué dans les plans impérialistes dans une région pleine de points chauds de guerre et de tensions (l'Égée, Chypre...). Ces questions doivent être un sérieux critère, pas seulement en Grèce, mais pour chaque ouvrier qui lutte contre l'impérialisme, pour chaque internationaliste à travers le monde entier.

 

Certains disent que nous sommes irréfléchis dans notre jugement, que nous devons attendre pour voir comment ils opéreront. Mais SYRIZA n'est pas une force qui n'a pas encore fait ses preuves et qui n'a pas été testée. Il a soutenu le traité de Maastricht (le Mémorandum de tous les Mémorandum), l'accession de la Grèce à la Monnaie unique etc.. Dans le gouvernement local, il a soutenu le gouvernement sur  les changements réactionnaires dans les relations de travail et la séparation des services municipaux - Tout cela, il ya bien longtemps  dans les années 1990. Mais permettez-nous de regarder deux exemples du passé plus récent. Rena Dourou, candidate de SYRIZA à la préfecture de l'Attique a déclaré avant les élections qu'elle abrogera le mémorandum dans la région si elle est élue. Mais après les élections, comme nouveau Préfet, elle a voté en sa faveur ensemble avec

 les autres partis qui soutiennent l'UE, et elle a appliqué le budget qui a été projeté par l'ancien préfet, Sgouros, un personnage  "pro-mémorandum" du PASOK. Nous parlons d'un budget qui fournit des dizaines de millions d'euros pour les intérêts des hommes d'affaires et de miettes aux projets qui sont liés aux conditions de vie du peuple c'est à dire l'infrastructure contre les inondations et les tremblements de terre. Dans la municipalité de Drapetsonakeratsini, le dirigeant municipal de SYRIZA a décidé de mettre un terme au travail permanent et stable avec des droits réels pour les ouvriers municipaux et a instauré des contrats de travail de deux mois pour 485 ouvriers, des contrats de travail pour 135 jours dans l'année, et des contrats qui procurent seulement cinq jours de travail dans un mois! Ceci au moment où les maires communistes mènent des luttes afin que les ouvriers ne soient pas licenciés, contre la flexibilité dans les relations de travail pour la réduction et l'abrogation des impôts, l'abrogation des cotisations dans les garderies d'enfants et pour l'extension des services municipaux, en entrant dans des conflits aigus avec le l'Etat central bourgeois.

 

Nous pouvons également parler de l'attitude de SYRIZA dans le mouvement syndical. Au sujet du fait que dans les deux dernières années il n'a pas essayé d'utiliser son niveau accru de soutien électoral pour développer les mobilisations, mais au contraire il a renforcé délibérément la passivité, la réduction des revendications des ouvriers,. Il a demandé aux travailleurs de demeurer à la maison et d'attendre quand le gouvernement de SYRIZA serait leur présumé " sauveur".

 

En plus de cela, il y a une guerre pour les salaires dans le mouvement ouvrier orienté sur une base de classe, PAME. SYRIZA participe dans des états électoraux en liaison avec les Forces du PASKE (PASOK) et DAKE (ND) contre le PAME dans des dizaines de syndicats du secteur privé, dans les syndicats où il est majoritaire. Il signe des accords inacceptables, tel que l'accord signé par le syndicat de la chaîne dusupermarché Veropoulos qui a effectué des réductions de salaires allant de 10 à12%.

 

Il ne peut y avoir des illusions que les prétendus "gauche" de SYRYZA auront un impact positif. Ce sont les mêmes personnes qui ont voté pour Maastricht, à l'accession du Mémorandum de l'UE etc..Ils ont récemment déclaré qu'il y avait une condition inviolable pour eux il n'y aurait pas des personnages "pro-mémorandum" sur les listes électorales (et vous avez vu ce qu'il en est advenu..); Cela fut ensuite transformé en la demande qu'il n'y aurait pas des personnages "pro-mémorandum" comme ministres, et ils finiront probablement par dire qu'il n'y aura pas de Premier Ministre" pro-mémorandum"! En réalité , ils fonctionnent comme l'alibi de la gauche de SYRIZA dans le but de piéger les personnes sui ont des vues radicales.

 

Le KKE a une approche qui est diamétralement opposée à cela et au moyen de luttes importantes et d'une activité politique de masse il démontre aux travailleurs que quelque soit la formule de gestion bourgeoise qui sera suivie, à l'intérieur du cadre de l'UE, de l'OTAN et de la voie de développement capitaliste ce ne sera pas au bénéfice des travailleurs et des autres couches populaires. Il lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière et du peuple de la social-démocratie et de l'opportunisme. Il lutte pour isoler le fascisme dans les banlieues populaires et sur les lieux de travail. Il lutte pour le regroupement du mouvement ouvrier, et la formation d'une alliance populaire contre les monopoles, contre le capitalisme. Le KKE appelle les travailleurs à le soutenir dans les élections afin qu'il puisse y avoir une forte opposition populaire des ouvriers à l'intérieur et à l'extérieur du parlement au lendemain des élections.

 

Le KKE ne soutiendra pas tout gouvernement qui est lié à une stratégie de l'UE et du capital anti-peuple. Au contraire, le KKE est prêt à jouer son rôle dans un gouvernement populaire, où les couches populaires seront maîtres de l'économie et contrôleront le pouvoir d' Etat, dans un gouvernement populaire des ouvriers qui unilatéralement annulera la dette, désengagera le pays de toutes les organisations impérialistes et socialisera les monopoles.

 

La Section des relations internationales du CC de KKE 

 

Le 23 janvier 2015 à 14 h 01

 

 

(traduit de l'anglais par la rédaction du Lien)