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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Le Lien n°101 du 26 mars 2009

Publié le 13 Avril 2011 par lien-pads in 13- ARCHIVES DU LIEN

EDITO : POUR LUTTER EFFICACEMENT LES TRAVAILLEURS ET LES COUCHES POPULAIRES DOIVENT CONSTRUIRE LEURS PROPRES  ORGANISATIONS

 

 

Les prochains résultats de la  campagne présidentielle n’apporteront aucune surprise. Le candidat de la bourgeoisie compradore et soutenu en fait par toutes les fractions de la bourgeoisie et par les puissances impérialistes, sera déclaré « élu ». Même si les chiffres réels seront falsifiés l’intérêt de la consultation ne résidera que dans le nombre des abstentions et des votes nuls, seuls moyens  pour des Algériens qui n’auront pas d’autre choix que celui de refuser la continuation d’une politique antipopulaire et antinationale mise en œuvre depuis de très nombreuses années. La bourgeoisie ne veut même pas permettre à des représentants authentiques de la classe ouvrière et des couches populaires de proposer leurs solutions pour une autre politique. En limitant chaque jour un peu plus les libertés démocratiques dans tous les domaines elle veut créer les conditions à même de lui permettre de rester au pouvoir pour une période indéterminée.

 

Avec sa loi sur les partis ou sur les syndicats, avec ses lois électorales, avec ses institutions, ses tribunaux, avec sa télévision et toutes ses institutions elle a verrouillé toute la vie politique et toutes les élections chez nous deviennent une mascarade. Le plébiscite du 9 avril prochain n’échappe pas à la règle. Dans son APN appelée abusivement « nationale et populaire » on n’y trouve en son sein aucun député représentant réellement les travailleurs. Les faux syndicalistes qui s’y trouvent ou les gauchistes de Louisa Hanoun ont toujours soutenu les options fondamentales du pouvoir et ne peuvent être considérés comme des représentants des travailleurs ou des couches populaires.

 

La bourgeoisie  n’hésite pas, lorsque c’est nécessaire, à violer ses propres lois, comme on l’a vu dernièrement avec la révision de la constitution réalisée en quelques minutes pour permettre à Bouteflika de rester au pouvoir. L’expérience historique de tous les pays montre que par nature la bourgeoisie n’a jamais accepté spontanément de permettre à la classe ouvrière, ou à autres couches exploitées, de bénéficier des libertés démocratiques, y compris lorsque elle même est privée de liberté par un pouvoir féodal. La brève période où la jeune bourgeoisie française, alors en lutte contre la royauté en 1789, s’était alliée à toutes les couches populaires  est terminée depuis longtemps.

 

A notre époque chaque  fraction de la bourgeoisie, y compris lorsqu’elle estime que ses intérêts sont en jeu ou considère qu’elle est victime d’un manque de démocratie, a toujours les yeux rivés sur les activités de la classe ouvrière et refuse en général de se prononcer clairement, et encore moins de lutter, pour l’abolition de toutes les lois antidémocratiques. Il est donc clair que sans une lutte ferme unie et quotidienne pour arracher une véritable liberté et une véritable démocratie pour tous, à l’exception des fascistes, aucune issue progressiste n’est possible et nous attendrons longtemps encore que de véritables élections, réellement démocratiques, se soldent par l’élection des représentants du peuple à tous les niveaux. Pour arracher cette démocratie la classe ouvrière, les paysans laborieux, les intellectuels progressistes, les femmes et les jeunes, c'est-à-dire toutes les classes et couches sociales privées de liberté, doivent renforcer leurs luttes diverses, leur mobilisation et leur union. Ces luttes sont difficiles et nécessitent beaucoup d’efforts pour ces classes et couches sociales. Elles doivent se battre quotidiennement pour arracher des augmentations de salaire, préserver ou acquérir un emploi, exiger plus de moyens pour le logement, l’école, la santé ou des transports publics dignes de ce nom. Les progressistes ne doivent pas aussi négliger les batailles électorales. Nous ne sommes pas des électoralistes. Mais ces batailles pour les élections tout comme la participation dans toutes les assemblées élues (APC, APW, APN) constituent un moyen d'élever le niveau de conscience politique des larges couches exploitées de  notre peuple afin que démocratiquement ou par un passage révolutionnaire elles  s'emparent  du pouvoir pour assurer la satisfaction de ses aspirations fondamentales à la liberté, à la démocratie, à la justice sociale et à la paix entre les peuples et le  respect de leur souveraineté. C'est pourquoi il est du devoir des forces progressistes de notre pays de se préparer à leur participation à toutes les consultations électorales en présentant leurs candidats et leur programme pour offrir à notre peuple une alternative politique mettant en échec les orientations conservatrices et réactionnaires du pouvoir actuel.

 

Mais si toutes les  luttes sont importantes et indispensables elles ne suffiront pas par elles mêmes à changer fondamentalement les choses. Un changement véritable, y compris  pour obtenir  plus facilement que les revendications sociales soient satisfaites, nécessite aujourd’hui que les travailleurs et toutes les couches sociales privées de liberté et de démocratie, aient de véritables organisations bien à eux.

 

Un parti de la classe ouvrière et des syndicats non caporalisés, organisés ouvertement contre le pouvoir actuel ou le patronat, c'est-à-dire contre la bourgeoisie,  permettraient surtout aux travailleurs de lutter en particulier plus facilement pour combattre toute la politique actuelle économique et sociale du pouvoir, exiger une relance véritable de l’industrialisation et de l’agriculture et s’opposer aux pressions impérialistes dans tous les domaines. Il en est de même pour les femmes, les jeunes ou les intellectuels progressistes qui ont besoin d’avoir des organisations bien à eux, puissantes et démocratiques pour lutter plus efficacement contre les discriminations et la répression directe ou indirecte dont ils sont victimes. Pour progresser dans la construction de leurs organisations, actuelles où à créer la classe ouvrière et toutes les couches sociales exploitées n’ont rien à attendre de la bourgeoisie, toutes fractions confondues. Elles doivent donc mettre en avant dans toutes les luttes, l’abolition de toutes les lois antidémocratiques, leur droit de s’organiser librement, s’exprimer non moins librement y compris par des manifestations pacifiques. Bref exiger dans l’union que la démocratie ne soit pas réservée uniquement aux couches de la bourgeoisie.

 

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