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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

PADS : Réponse à un calomniateur "lamentable"

Publié le 27 Avril 2011 par lien-pads

Nos déclarations sur la situation dans notre pays et notre position sur la marche du 12 février prise en main par les dirigeants du RCD ne peuvent évidemment plaire à tout le monde. Leur lecture ont ainsi provoqué une grosse fureur chez Hakim Arabdiou, ancien militant du Parti de l'Avant-garde Socialiste, liquidé par Hachemi Cherif en 1993, ancien journaliste à Alger républicain. Il ne semble pas avoir apprécié notre critique des positions et des objectifs de ces dirigeants qui ont fait de l'ultra libéralisme et de la recherche des appuis des puissances impérialistes l'alpha et l'oméga de leur ligne stratégique dans la lutte contre "le système". Aussi a-t-il entrepris de bombarder de messages d'anciens militants du PAGS pour les pousser à prendre leurs distances du PADS.

 

Notre déclaration du 22 janvier est selon lui "vraiment lamentable"! Apparemment, il aurait été déçu de ne pas nous voir défiler sous la bannière des organisateurs de cette marche. Nous en sommes réduits à émettre des suppositions parce qu'il évite de s'expliquer clairement sur les raisons de sa colère. En guise de "réfutation" nous avons droit à une bordée de mensonges ignobles accompagnées d'affirmations péremptoires sur notre incapacité à comprendre "grand-chose à la dialectique marxiste (confondant) analyse marxiste et discours marxiste". Ainsi, "le sectarisme le dispute au gauchisme" dans notre déclaration.

 

En attendant qu'il nous expose comment il pense appliquer la dialectique marxiste aux réalités algériennes d'aujourd'hui et en quoi consistent le sectarisme et le gauchisme dans notre refus d'aller dans le sens des organisateurs de cette marche, Arabdiou n'a pas d'autres "arguments"pour chercher à discréditer notre parti que de lancer des inventions délirantes sur de prétendus liens que ses dirigeants auraient entretenus avec les chefs du parti islamo-fasciste du FIS en 1990.

Voici dans son intégralité un paragraphe de son message où le mensonge le plus éhonté "le dispute" à la calomnie:

 

"Pourtant, et comme l'avaient fait Aït-Ahmed et deux autres dirigeants du FFS, ces mêmes dirigeants du PADS, du MDS et les sans partis n'avaient pas hésité en 1990 à aller en cachette de leurs militants et des masses laborieuses lécher les bottes du parti fasciste du FIS, en lui envoyant plusieurs délégations quémandant l'unité d'action, avec un parti pire ennemi de la classe ouvrière et du peuple algérien, sans parler d'autres gestes de faillotage de leurs part envers ce parti que ce dernier avait rejeté avec le plus grand mépris, tels que l'invitation de Abassi Madani, Ali Benhadj... à la cérémonie de notre parti, le Parti de l'avant-garde socialiste (communiste), etc. "

 

Chacun peut constater que notre procureur lance des accusations à la cantonade dans l'espoir de tromper ceux qui ne connaissent pas l'histoire du PAGS pour les monter contre tous ceux qui ne partagent pas son approche de l'issue à la crise algérienne.

 

1-Notre parti n'existait pas en 1990. Il a été créé en 1993 à la suite de la liquidation du PAGS par le groupe Hachemi Cherif. Notre parti est né du refus du fait accompli face à l'action des renégats qui ont privé la classe ouvrière, la paysannerie pauvre et la jeunesse d'une organisation de combat au moment où elles en avaient le plus besoin pour affronter les islamo-fascistes et les agents antinationaux du capitalisme et des ajustements structurels au pouvoir; à une période où il fallait lier la lutte contre les partisans de l'ultra libéralisme qui se cachaient sous le voile de l'Etat islamique et contre ceux qui prétendaient défendre la "république" mais se lançaient, sous prétexte qu'il n'y avait pas d'autre choix pour éviter un état de cessation de paiement, dans la destruction des acquis du développement de l'Algérie et les conquêtes sociales arrachées par le mouvement ouvrier algérien. Toutes les analyses de notre parti depuis sa création ont défendu avec constance cette position de fond. Mais Monsieur Arabdiou, qui laisse entendre qu'il maîtrise la dialectique marxiste, sans jamais avoir tenté quoi que ce soit pour organiser la classe ouvrière afin que celle-ci soit capable de combattre son "pire ennemi", ne semble pas s'embarrasser des petits détails de l'histoire.

 

-2 Contrairement à ce qu'il prétend, aucun des dirigeants du PAGS qui ont participé à la fondation du PADS n'a approché les dirigeants du FIS à quelque moment que ce soit. Arabdiou ne peut fournir que des propos injurieux en guise de "preuves".

 

3-A notre connaissance aucun autre dirigeant du PAGS ne s'est livré en 1990 aux démarches dénoncées avec le contenu qu'il leur attribue dans ses affirmations calomnieuses. A la fête de la légalisation du PAGS, en septembre 1989, sa direction avait effectivement invité les représentants de tous les autres partis existant. Les dirigeants du FIS, dont les positions politiques n'étaient pas encore affirmées au grand jour n'avaient pas fait exception à cette décision. Il est vrai que quelques cadres du PAGS se dépêchèrent de l'interpréter avec un certain enthousiasme comme une application "créatrice" de la "nouvelle mentalité", si chère à Gorbatchev et à ses adeptes en Algérie. Mais la préoccupation de la direction du PAGS, telle qu'elle avait été expliquée aux militants, était d'éviter toute démarche politique susceptible d'être présentée comme la manifestation d'une hostilité viscérale à l'Islam, inhérente à la nature même des buts politiques des communistes. Elle visait à mettre en échec toute tentative d'isoler le PAGS en l'entraînant dans un engrenage où il se serait retrouvé tout seul face au FIS, à éviter de commettre des erreurs tactiques faisant le jeu du régime qui avait encouragé le développement des mouvements islamistes pour contrer le PAGS et les courants progressistes. De ce point de vue, on ne peut pas dire que cette tactique ne s'était pas avérée judicieuse, quelle que soit l'appréciation portée 20 ans après sur l'invitation adressée au FIS en septembre 1989, à une époque où tous les citoyens manifestaient d'abord leur joie de jouir du droit à s'organiser librement après l'abolition du système du parti unique. L'affrontement FIS-PAGS ne s'est pas déroulé comme l'avait préparé tout un groupe du pouvoir qui espérait parvenir à liquider physiquement les militants du PAGS par le truchement des nervis du FIS, et à en finir ainsi "pour toujours" avec toute idée communiste dans notre pays. Le FIS s'est retourné contre ceux-là mêmes qui l'avaient choyé. Si le FIS est aujourd'hui complètement discrédité auprès de larges couches de la société, c'est parce qu'il a trouvé en face de lui un large spectre de courants politiques mobilisés par le PAGS, et pas seulement les communistes, c'est parce que ces derniers ne sont pas tombés dans le grossier piège mortel que leur tendaient les ennemis des travailleurs et du progrès, c'est-à-dire les commanditaires nationaux et étrangers de l'islamisme réactionnaire.

Il faut être franchement animé d'une malhonnêteté sans borne pour soutenir des allégations aussi fantaisistes que celles de Arabdiou.

 

4-Monsieur Arabdiou amalgame de façon désinvolte le PADS à AÏt Ahmed et des dirigeants du FFS. Dans la mesure où il semble attaquer le FFS pour sa participation au Pacte de Sant'Egidio de janvier 1995 (pacte de réconciliation avec les tueurs islamistes et de relégalisation du FIS), qu'il nous explique alors comment se fait-il qu'il appuie une marche, celle de janvier ou celle du 12 février, dont l'initiative appartient depuis l'origine à Ali Yahia Abdennour, un des partisans les plus acharnés de ce pacte et avocat de Abassi Madani et de Ali Belhadj. Par rejet du "sectarisme" et du "gauchisme" envers des démocrates de "tous bords"?

 

5-Monsieur Arabdiou tente de nous faire croire implicitement qu'il a toujours combattu toute compromission avec le FIS. On l'aurait volontiers cru s'il n'avait pas appuyé en mai-juin 1991 - en pleine action insurrectionnelle du FIS - la tentative de prise de contrôle d'Alger républicain par Bentchicou, sous la direction duquel ce journal "quémandait" alors des interviews des chefs du FIS et affichait fréquemment leurs photos sur ses "Une" pour plaire à leur base, au nom d'une conception mercantile et opportuniste de l'information, une conception complètement étrangère à la ligne historique du journal et à ses principes journalistiques. Que ce même journal ait été aussi convoité par le groupe du FAM pour le mettre au service du pouvoir, est une autre affaire. La tentative de ce groupe a été elle aussi déjouée.

 

17 février 2011

PADS

 

* Rappelons que le PAGS avaient dénoncé dans une déclaration publique Ali Belhadj qui avait regroupé fin 1989 à la Soumaa, près de Blida, des centaines d'anciens gros propriétaires fonciers dont les terres avaient été nationalisées en 1972-1974 pour les exhorter à en chasser par les armes les attributaires de la Révolution agraire. C'est sur la base de cette ferme prise de position que des militants du PAGS avaient entrepris un travail de mobilisation intense de la paysannerie dans les campagnes, pour dénoncer le FIS, ses liens avec les anciens féodaux, les gros spéculateurs et les exploiteurs de la classe ouvrière, ainsi que le gouvernement Hamrouche qui allait restituer les terres nationalisées. La riposte aux appels de Ali Belhadj, notamment dans la région de Boufarik, sous l'impulsion de notre camarade Boualem Tiouerguiouine, assassiné en septembre 1995, par les sbires de Zouabri, a contribué à isoler le FIS au sein de larges couches de la paysannerie. Ce travail d'implantation dans les campagnes, sur la base de la défense des intérêts de la paysannerie laborieuse, a été ensuite saboté sous l'action conjuguée de divers courants renégats ralliés à l'idéologie fumeuse du "capitalisme moderne" qui avaient pris le contrôle du PAGS, avant et après son congrès de décembre 1990.