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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Parti communiste de Grèce: sur la dernière rencontre des Partis communistes et ouvriers de Lisbonne

Publié le 21 Décembre 2013 par Lien-pads in 12- RENCONTRES DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

                 Article publié par le journal "Rizospastis" du 15 décembre 2013

                            (Traduction effectuée par la rédaction du Lien-PADS)

 

Après la Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers qui s'est tenue à Lisbonne les 8,9 et 10 novembre 2013 à l'invitation du Parti communiste Portugais,  nous assistons à une activité des  Partis communistes qui effectuent un effort d'analyse, selon leur point de vue idéologique et politique particulier, sur ce qui s'est produit à cette occasion.                                    . 

  Le Parti communiste de Grèce prend également part à cette discussion avec le désir de mettre en évidence les questions qui intéressent le mouvement communiste, d'informer au plan international les communistes sur les faits réels et les positions des partis.

 

1. Après la contre-révolution le KKE a immédiatement manifesté un intérêt particulier pour le regroupement du mouvement communiste. 

 

Il a contribué au rassemblement des forces et à la prise en charge des rencontres internationales des Partis communistes et ouvriers, en affrontant  les principales difficultés et particulièrement les positions qui  refusaient l'existence  distincte des partis communistes et qui comptaient sur la fusion avec les forces opportunistes, traditionnelles ou nouvellement mutantes, au nom de l'action commune à "gauche". 

 

Notre parti a accordé une particulière importance pour mettre en évidence les objectifs communs et pour développer l'action commune malgré de sérieuses différences idéologiques et politiques et a tenté, avec la contribution d'autres partis également, d'organiser les rencontres internationales qui se sont déroulées à Athènes de 1998 jusqu'à 2004 et qui l'ont été plus tard dans d'autres pays.

 

Notre parti a manifesté une détermination particulière pour l'unité du mouvement communiste. C'est une difficulté, un problème complexe, qui ne peut être résolu qu'au travers de la création de solides fondations qui seraient basées sur la vision marxiste-léniniste du monde, sur les principes de la lutte de classe, sur une stratégie révolutionnaire. Sur cette base, le caractère réel des Partis communistes peut être renforcé, l'unité de classe de la classe ouvrière et son alliance avec les couches populaires peut être obtenue, et la concentration et la préparation des forces de la classe ouvrière et populaires peut être obtenue pour le renversement de la barbarie capitaliste, pour le socialisme-communisme.

 

Il est évident que l'unité révolutionnaire du mouvement communiste a des exigences majeures impossible à réaliser sans un axe stratégique, sans une liaison  entre  la théorie et  la pratique révolutionnaire qui poserait comme tâche quotidienne la préparation des partis communistes eux-mêmes et la classe ouvrière en vue de répondre aux besoins de l'affrontement du système d'exploitation capitaliste, du capital et de ses représentants politiques, de l'opportunisme qui est un chancre dans les rangs du mouvement communiste. 

 

Le point de vue qui relie l'unité du mouvement communiste international avec la position simpliste "l'unité autour de points d'accord" gêne la discussion et ignore la nécessité d'élaborer une stratégie révolutionnaire et le réajustement des Partis communistes en fonction des  exigences majeures de la lutte de classe pour l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme.

 

C'est un point de vue qui laisse les partis communistes sans défense contre l'oeuvre corrosive des forces bourgeoises et opportunistes qui tentent d'entraîner les partis communistes dans le  parlementarisme, de les castrer, afin de les transformer en  une partie du système politique bourgeois, avec leur  collaboration et leur participation  sans principes aux gouvernements de gestion bourgeoise sous un label de "gauche"ou "progressiste", en les  piégeant dans la logique de la collaboration de classe, du soutien aux unions  impérialistes, comme cela s'est produit avec les partis communistes du dénommé Parti de la Gauche Européenne, comme pour d'autres partis qui ont suivi la même voie.

 

2. Le KKE malgré les difficultés a oeuvré  pour aboutir à des déclarations communes aux rencontres internationales et autres des Partis communistes. Toutefois, notre parti a souligné que le compromis sur des questions d'importance stratégiques et la recherche de formulations qui atténueraient les désaccords au nom de l'accord sur une déclaration commune ne contribue pas à l'information objective correcte des communistes, de la classe ouvrière, des peuples.

 

Il  produit  la confusion, ne permet pas la compréhension de la situation réelle et empêche le développement de la réflexion sur les causes des problèmes, la nécessité d'une  stratégie révolutionnaire  unifiée de nature à renforcer le combat indépendant du mouvement communiste pour les intérêts de la classe ouvrière, les couches populaires, à travers le monde entier. 

 

A la 15 ème Rencontre Internationale de Lisbonne il fut impossible d'obtenir une déclaration commune en raison des approches différentes sur des questions sérieuses. Étant donné  que des vues ont été exprimées pour rendre "troubles les eaux" et pour déformer les faits, nous désirons faire référence à certaines questions. 

 

Le Parti communiste de Grèce, bien avant la Rencontre internationale, a pris une position précise sur le premier projet de déclaration en argumentant qu'il ne constituait pas une base de discussion s'il n'était pas procédé à  d'importants changements. Il présenta une série d'observations, de propositions et d'autres partis en firent autant. Malheureusement les propositions essentielles de notre parti n'ont pas été pris en compte.

 

Les propositions de KKE comprenaient, parmi d'autres sujets, les questions suivantes:

 

En liaison avec le concept de l'impérialisme: Le KKE traite ce concept comme il a été établi par V.I.Lénine, comme le stade final et suprême du capitalisme. Malheureusement dans le projet de  déclaration commune cette question cruciale n'a pas été exprimée correctement et dans certaines parties il y avait la porte ouverte à des mauvaises interprétations de ce concept, qui fut limité dans le texte et présenté simplement  comme une politique étrangère agressive. 

 

Cause et nature de la crise capitaliste: Nous faisons face aujourd'hui à une profonde  crise économique  capitaliste de surproduction et de suraccumulation du capital , dont la cause se trouve dans la contradiction fondamentale entre le capital et le travail. Nous rejetons  les caractérisations du genre  "financières", "structurelles" de la crise qui brouillent le caractère et les causes de la crise capitaliste.

 

La question des alliances sociales:  le KKE soutient une ligne politique pour l'alliance de la classe ouvrière avec les autres  couches populaires pauvres, tels que les paysans pauvres, les  couches urbaines et rurales petites bourgeoises pauvres, et il ne peut en aucun cas accepter de s'allier avec des sections de la classe bourgeoise  qui sont présentées sous le label de "couches anti-monopolistes" 

 

La position sur les pays  dénommés  " émergents": Les problèmes auxquels ces pays font face aujourd'hui,  où les rapports  capitalistes de production sont prédominants dans leur base économique, ne sont pas importés de "l'étranger", comme   le projet de déclaration les a présentées, mais comme  le résultat du mode de production capitaliste lui même dans ces pays. 

 

Ce qui reste également vrai au sujet des développements en Amérique Latine. Le KKE suit avec vigilance les développements et les processus dans cette région, nous exprimons notre solidarité avec la lutte des partis communistes et les peuples, mais nous critiquons la ligne politique qui est appliquée dans les pays capitalistes à forte base monopoliste qui jouent un rôle particulier dans la compétition inter-impérialiste et appliquent une stratégie qui sert les intérêts et les profits du capital aux dépens de la classe ouvrière et des couches populaires qui vivent dans les conditions de l'exploitation. 

 

Les réformes dans le cadre du capitalisme: Le KKE lutte pour que les travailleurs dans notre pays arrachent  des avantages,comme par exemple sur la question de la lutte pour un système public  exclusivement gratuit dans  l'enseignement , la protection de la santé, de l'assistance sociale, des augmentations des salaires et pensions, etc. Cependant, nous lions cette lutte qui est nôtre avec le changement radical de la société,  le pouvoir de la classe ouvrière et la socialisation des monopoles. Car c'est causer de graves  dommages que de semer des illusions selon lesquelles il serait possible  de "corriger" ce système d'exploitation par des réformes à l'intérieur du capitalisme. 

 

La question des unions entre Etats capitalistes: L'Union Européenne est une union entre Etats capitalistes, réactionnaire en raison de sa nature en sa qualité de représentant des monopoles européens et au regard de son agressivité contre les peuples et ce caractère réactionnaire n'est pas seulement dû à l'approfondissement de l'unification capitaliste (intégration). Il se produit  aussi la même chose en relation aux autres unions entre Etats, qui émergent sur le terrain du capitalisme en Asie, Eurasie, Amérique Latine, etc.,  et qui sont au service des grands  groupes d'affaires. Les travailleurs ne doivent pas choisir de se ranger derrière tel impérialiste ou tel "Centre" impérialiste. 

 

Les contradictions entre les pays capitalistes: Les contradictions existantes  entre "vieilles" et nouvelles puissances capitalistes émergentes  prennent place dans la domination des  parts du marché, le contrôle des ressources naturelles, des voies et couloirs d'acheminement, des pipelines etc. Chaque classe bourgeoise, selon  sa force (économique, politique, militaire) est un "prédateur", plus grand ou plus petit, qui exploite la force de travail, et qui de plus cherche à augmenter son rôle dans les affaires internationales. 

 

Aussi, nous considérons que la classe ouvrière ne peut prendre le parti d'aucune classe bourgeoise, contrairement aux  diverses formulations contenues  dans le projet de de déclaration commune.

 

Particulièrement sur la question de l'Amérique Latine, le projet de déclaration commune parvient au point de considérer des gouvernements bourgeois de fortes puissances capitalistes, qui font partie du G20 impérialiste, comme des gouvernements qui renforcent  la lutte anti-impérialiste. Ce projet oublie le fait que ces gouvernements gèrent le pouvoir de l'Etat bourgeois dans le but de renforcer les monopoles qui sont dominants dans leurs économies.

 

Sur la question de la révolution ou de la réforme: sur cette question les partis communistes et ouvriers ne peuvent donner qu'une seule réponse: révolution! Malheureusement, dans le projet de déclaration commune, il est question à plusieurs endroits de "développements dans les processus qui construisent les alternatives basées sur  la souveraineté et le progrès social" ou à propos de "l'acquisition de positions au sein des institutions" à travers lesquelles "il y aura un changement de classe du contenu du pouvoir".

 

L'expérience des Partis communistes qui ont fait le choix de gérer le capitalisme est une expérience qui a causé du mal comme l'exemple de "l'eurocommunisme" connu de tous. De telles positions sèment la confusion et les illusions, embellissent le pouvoir de la bourgeoisie et désarment le mouvement ouvrier et populaire. Les enseignements tirés à l'occasion du 40 ème anniversaire du coup d'Etat au Chili  sont une leçon modèle. Il ne peut être permis d'appuyer ces positions. 

Le front contre l'opportunisme: il est nécessaire de souligner  les responsabilités des forces opportunistes qui ont infligé de graves dommages au mouvement communiste et à la lutte de la classe ouvrière.

 

Les alliances politiques avec d'autres forces: l'alliance de la classe ouvrière avec d'autres couches populaires est une question cruciale. L'objectif stratégique du renversement de la barbarie capitaliste détermine la politique des alliances, le regroupement et la préparation des forces. La politique des alliances ne peut pas être assimilée à des jeux de combinaison au sommet ni avec la sociale-démocratie ni avec l'opportunisme. 

 

Sur les "modèles" de socialisme: il a été noté que ce qui est caché derrière les discussions sur " le rejet des modèles"  a été l'expression du problème du rejet de la nécessité  de la révolution et de la construction socialistes, telle que la nécessité du pouvoir de la classe ouvrière(la dictature du prolétariat), la socialisation des moyens de production, la planification centrale. Historiquement dans le mouvement communiste international, la révision de notre théorie et la justification pour la distanciation des principes communistes étaient cachées derrière les "modèles nationaux" et "la variété de chemins au socialisme".  Ce point de vue, notre parti ne peut pas l'accepter avec des formulations qui causent la confusion et apportent de l'eau au moulin de l'opportunisme, aux théories de la sociale-démocratie comme le dénommé "socialisme du " 21 ème Siècle".

 

3. Dans le "Groupe de Travail" (il a la responsabilité de préparer les rencontres internationales), qui s'est réuni à Lisbonne avec un nombre important de partis communistes, il a été établi que le projet de déclaration commune ne constituait pas une base pour la discussion et la même chose fut répétée à la réunion  plénière des Partis communistes. Un accord a été atteint dans le cadre d'actions communes durant la prochaine période pour développer les luttes autour  des problèmes populaires aigus  et pour exprimer une  position commune des Partis communistes sur une série de questions. 

 

La délégation de KKE, dans son  intervention pertinente au plénum des Partis communistes, a noté ce qui suit parmi d'autres questions:

 

" Dés le tout début, il a été introduit dans la déclaration commune de nombreuses questions d'une  sérieuse importance stratégique, tout en sachant qu'il y a divergence  avec l'approche de KKE et d'autres partis. Le texte est imprégné de la vision qu'entre le capitalisme et le socialisme il existe un système économique intermédiaire et  en conséquence un pouvoir intermédiaire, mais cela ne correspond pas avec  la réalité.

 

Le texte évoque également  des changements révolutionnaires anti-monopolistes sur le terrain du capitalisme. C'est une utopie, une désorientation, un embellissement du système d'exploitation. 

 

Que signifie  la "financiarisation" de l'économie ? C'est une thèse essentielle des analyses bourgeoises et opportunistes. Elle dissimule l'essence de la crise capitaliste. Elle se réfère au dit "capitalisme de casino" et conduit à la quête d'un capitalisme " sain", "productif".

 

Nous soutenons la révolution Cubaine, nous suivons les développements, nous exprimons notre solidarité. 

 

Nous discutons avec le Parti communiste du Vietnam, mais nous avons une vue différente au sujet de la désignation du " socialisme avec un marché capitaliste" . Le socialisme a des lois scientifiques concrètes et il y un prix fort à payer pour leur violation. 

 

Nous avons auparavant  discuté la question de la Chine et nous avons démontré à l'aide de preuves  que des rapports capitalistes de production y sont prédominants ici. En 2013, 400 capitalistes chinois ont augmenté leurs fortunes à prés de 150 milliards de dollars.

 

Il est clair que nous ne soutenons pas les gouvernements bourgeois d'Amérique Latine, même si des Partis communistes y participent ou les soutiennent. Le Brésil par exemple, est un pays impérialiste fort, il a de très forts monopoles, avec des profits énormes d'un côté, et 55 millions de personnes de l'autre sans ressources. 

 

L'intervention de KKE a noté en conclusion que le "projet de déclaration commune fournit une direction erronée pour la lutte. Il mène à l'assimilation au système, gène le processus d'ajustement de la stratégie du mouvement communiste pour les besoins de la lutte de classe pour le socialisme."

 

Les discussions qui ont eu lieu à la Rencontre internationale  furent riches et l'expérience peut être utilisée pour alimenter la réflexion, tirer des conclusions. Le  KKE contribuera à cela. Mais malheureusement dans certaines contributions, interviews de représentants de Partis communistes, après la rencontre, des interprétations arbitraires ont été  livrées qui soulèvent des questions. 

 

Par exemple, que signifie l'affirmation selon laquelle  les partis qui sont en désaccord avec la déclaration  sont des partis qui n'ont aucune responsabilité dans la direction de l'Etat et qui sont petits? 

 

Cette classification des partis sur la base de critères bourgeois est dangereuse. Sur quelle base peut-on conclure qu'il il est négatif pour un parti de rester en dehors  du jeu de la gestion bourgeoise? 

 

Le maintien d'un parti en dehors de ce jeu est un devoir et une condition préalable pour la lutte indépendante des partis communistes, pour la reconstitution  du mouvement communiste et ouvrier populaire. 

 

 Ce qui est vraiment un développement négatif et qui conduit au recul mouvement communiste, ce sont ses relations avec la social-démocratie, son  soutien à une participation dans des gouvernements bourgeois qui gèrent le pouvoir des monopoles et exploitent le peuple. 

 

Quel est le but de la discussion sur les "grands" et les "petits" partis basée sur le critère parlementaire?

 

Pourquoi  considérer qu'est " petit" tel parti qui lutte avec  constance pour le renversement du capitalisme, se bat pour établir une base dans le mouvement ouvrier,  consent  de grands sacrifices, dont  des cadres  ont été assassinés par les appareils  des patrons et de l'Etat bourgeois? Et pourquoi un parti est considéré comme "grand" quand son activité est absolument parlementaire et qu'il sème des illusions que les problèmes du peuple peuvent être résolues, que les besoins des peuples  peuvent être satisfaits par les parlements bourgeois? 

 

L'expérience historique nous apprend que des Partis de masse ont attribué un caractère  absolu à leur travail parlementaire. Ils  se sont détachés de la ligne révolutionnaire,  ont perdu  leurs liens avec la classe ouvrière. Ils ont été conduits à suivre le chemin de l'opportunisme-liquidateur  et de la dégringolade, comme les partis communistes de France, d'Espagne et d'Italie.

 

Il existe des Partis sans représentation parlementaire qui luttent dans des conditions d'un intense anti-communisme, qui donnent la priorité aux lieux de travail en faisant face à des milliers de difficultés et qui essayent de créer une stratégie et tactique révolutionnaire.  Et il existe des partis qui ont une représentation parlementaire, mais soutiennent l'UE et sa stratégie, qui ont renoncé depuis longtemps au chemin révolutionnaire, tels que les partis de la direction du Parti de la Gauche Européenne (ELP).

 

Chaque parti assume la responsabilité des positions qu'il prend. 

 

Le KKE défend l'idée que les problèmes du mouvement communiste ne peuvent pas être traités par l'exclusion  mais au travers d'une discussion substantielle  sur des sujets controversés  d'une importance stratégique et avec l'objectif du regroupement révolutionnaire. Les femmes et les hommes communistes à travers le monde entier ont ensemble une cause et un devoir à prendre parti dans ce processus. 

 

Giorgos Marinos

 

Membre du BP du CC de KKE