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Le lien

Algérie, Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, Parti des communistes d'Algérie

Turquie: Attendre et voir ce qui se passe!

Publié le 9 Février 2015 par Lien-pads in 7- INTERNATIONAL - Moyen Orient

Ci-dessous un article de Aytek Doner Alpan, membre du comité central du Parti communiste de Turquie:

 

Quand l'AKP arriva au pouvoir en 2012, nous étions complètement seuls en déclarant que l'AKP était un gouvernement réactionnaire et pro-impérialiste, qu'il était un ennemi de la classe ouvrière. Maintenant, selon les autres, l'AKP est venu avec une promesse solide de réforme. Ils avaient  des représentants d'une orientation politique exclus par l'ordre capitaliste en Turquie. Ils ont  été, aussi, des victimes, tout comme le mouvement de la gauche. Ils étaient déterminés d'apporter à la Turquie le chemin de l'accession à l'UE, qui créerait certainement des opportunités démocratiques. Il était mauvais  de les traiter avec des préjugés. Nous étions appelés à attendre de voir ce qui se passe. 

 

Ensuite l'invasion de l'Iraq s'est produite. Il y a des amis qui ont dit, "ne vous précipitez pas" quand nous luttons contre l'invasion. L'impérialisme fut évidemment impliqué dans l'invasion mais Sadam n'était pas également bien. De plus, ce processus ne  produirait pas des résultats favorables pour les Kurdes? L'invasion affecterait aussi l'ordre capitaliste en Turquie et le résultat serait des divisions inattendues. Nous étions supposés attendre pour voir ce qui se passerait.

 

Nous fûmes " mis en quarantaine" par certains cercles quand nous avons dit, " un autre type d'autoritarisme suivra" avec les persécutions judiciaires des dénommées organisations favorables au coup d'Etat à l'intérieur de l'Etat et de la société dans le cadre du "Cas Ergenekon". Ils ont souhaité que le gouvernement " jouisse de tout le temps" pour le bien de la démocratisation absolue. Nous étions censés de suivre ce "compliqué" processus d'une manière méticuleuse avant que nous élevions des allégations précises contre le gouvernement. Ce qui serait prudent était d'attendre et de vous ce qui se passerait.

 

Souvenez-vous des jours du "printemps Arabe". Nous étions encore l'objet de réactions quand nous avons souligné que personne ne ferait des politiques qui se cacheraient derrière la colère des Arabes et qu'un processus de restauration impérialiste se mit en marche au lieu d'une transformation révolutionnaire. Nous fîmes accusés de faiblesse pour apprécier la dimension multiple et les contingences des luttes sociales. Il fut évident combien  les millions de gens  avaient souffert des régimes autoritaires de la région. Il fut mauvais d'étiqueter le processus comme une restauration de l'impérialisme, qui éliminerait la possibilité de saisir les opportunités qui surgiraient. Ce qui fut une nécessité fut d'attendre et de voir ce qui se passerait.

 

Prenez, pare exemple, le cas de l'Ukraine... quand les événements ont éclat, nous avons immédiatement exprimé cela n'est pas un soulèvement populaire mais une "révolution colorée" où se sont impliqués des Nazis sponsorisés par l'Occident. Nous avions  encore mal interprété le processus. Des dizaines de milliers de personnes ont combattu l'Etat; ce fut du super scepticisme de souligner l'existence de groupes portant les symboles nazis. Ce fut le processus lui-même qui a été mis en question. Qui sait, peut-être les forces progressistes prévaudraient avec le temps. De plus, nous éviterions ainsi d'être du même côté de Poutine. Nous devions encore une fois attendre de voir ce qui se passerait.

 

Il n'est pas nécessaire d'accroître la liste des exemples. Il doit être évident que, selon cette approche, nous devions le faire à chaque tournant critique, à chaque moment critique:  apprécier l'importance du processus, reconnaître sa complexité, constamment prévenir quiconque qui arrive avec une conclusion, d'attendre et de voir ce qui se passe. 

 

Sans discerner les antagonismes aigus, le développement des hostilités, et en s'approchant avec des préjugés.....

 

Et si on parlait de luttes de classe? 

 

Il n'est pas possible de considérer tous ces incidents autrement que la concrétisation des luttes de classes dans un certain contexte, de prendre votre "côté" sur les bases des intérêts historiques de la classe ouvrière, et de définir la lute à partir de ce point de vue? 

 

N'est-il pas juste possible que ce qui est appelé "préjugé" est actuellement un conflit de classe?

 

Les politiques, particulièrement les politiques de classes, doivent-elles consister en une observation prudente des réactions "à droite du bouton"?

 

Ne pouvons-nous pas employer nos critères de classe, nos priorités, notre "conscience historique" comme nos guides? 

 

Tout au contraire, nous devons! Autrement, nous, les communistes, nous ne serions pas capables de prendre aucune attitude, construire aucune barrière idéologique, et mener aucune lutte de classe dans aucun des incidents mentionnés ci-dessus.    

 

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